Claudius PEYRET (1891-1980)

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Né le 25 mars 1891 à Assieu (Isère) Incorporé en 1911 au 99e régiment d'infanterie à Vienne (Isère)
Sergent à la 6e compagnie à la mobilisation Nommé adjudant le 30 septembre 1914
Evacué le 2 octobre 1914 pour commotion cérébrale
Revient le 7 janvier 1915, affecté le 5 février 1915 au bataillon de marche du 99e régiment d'infanterie
Passé au 67e régiment d'infanterie le 5 mai 1915. Bataille des Eparges
Adjudant-chef le 27 juillet 1915 Sous-lieutenant en septembre 1915
Cité en Champagne, cité à Verdun, cité dans la Somme, blessé au Chemin des Dames
A la tête de la 6e compagnie du 67e R.I. en 1918, promu capitaine le 21 août 1918
Après la guerre, campagne du Rif (Maroc), muté au 7e Génie (Avignon) en 1930
Campagne de 1939-1940 comme commandant

6 août : Départ de Vienne, enthousiasme du départ, silence des préparatifs.
A 10 heures et demi : sortie autorisée de 2 heures pour dîner en ville et faire ses adieux. A 12 heures, la foule viennoise envahie les alentours du quartier Rambeau (caserne du 2e bataillon du 99e R.I.)
Les militaires sont couverts de drapeaux et de fleurs.
La Marseillaise et le Chant du départ résonnent.
A Berlin, cri de joie.
A 14 heures en tenue, sac au dos.
Silence du rassemblement.
Discours du chef de bataillon (ARBEY) sur ce que la France attend de ses soldats.
Le commandant (?) parle à son tour, il s'agit d'un vieux colonel de chasseurs qui a vu il y a 44 ans le sol français souillé par les prussiens.
Discours du Maire de Vienne.
La marche commence encadrée par les viennois, ordre et calme des soldats.
Défilé du bataillon dans la ville, tambours et clairons.
Puis embarquement dans les wagons après le numérotage, derniers adieux sur la place d'arme.
Les soldats sont belliqueux, embarquement rapide et silencieux.
La foule fait ses adieux au bataillon.
Vienne voit ses troupiers une dernière fois. Place Saint-Louis, la foule est massée et regarde le train passer. On part à la mort, mais aussi à la victoire.
Le 2e bataillon sera acclamé et arrive à Lyon en gare des Brotteaux, le calme se fait. On contemple la campagne innondée jusqu'au camp de la Valbonne ; les anciens montrent aux nouveaux le terrain ou ils devaient faire des exercices fin août (tirs réels).
Puis la Bresse. La campagne est innondée, les soldats commencent à dormir. On passe à Ambérieux, puis Bourg (20 minutes d'arrêt).


Le 7 août, Montbéliard puis Belfort, en longeant la frontière jusqu'à Epinal. Silence complet, ici, toute la population travaille à la défense du sol. Débarquement, appel puis marche. 4 heures plus tard, à Cheniménil. Bonne réception, les paysans mettant tout à notre disposition. La 6e compagnie (capitaine BONNOT) va à la sortie Est du village, le capitaine donne les ordres et chaque sergent installe ses 1/2 sections. On couche dans un hangar. On place des sentinelles et des veilles par 2 pour que la relève de la sentinelle se fasse.

8 août : Toujours à Cheniménil, dans nos rangs 2 classes de réserves et dès le matin nous les mettons à l'exercice. le soir, exercice de combat pour la compagnie.

Le 9 août, faux ordre de départ à 5 heures du matin. Le lieutenant discute un peu avec les hommes et fait faire un petit exercice de combat, on rentre dans ses cantonnements. Défilé du 5e R.I.C. (Peyret reconnaît un ami)

10 août : Exercice le matin. Il fait beau et chaud, reconnaissance en forêt.
Attente. Des nouvelles : la prise de Mulhouse et des victoires en Alsace.

11 août : Marche depuis hier 6 heures après un départ précipité ; encombrement des routes par l'artillerie. Marche jusqu'à 7 heures, 13 heures sans nous arrêter. Beaucoup de retardataires.
Halte dans la forêt.
Départ à 5 heures pour Saint-Jean-d'Ormont. Nous cantonnons à Contramoulin (Saint-Léonard) proche de la frontière.

12 août : Réveil à 4 heures, bons hôtes. On fait cuire de la viande pour l'emporter.
Barbarie des allemands d'après les vosgiens.
Départ le lendemain à 2 heures.
Petite fête le soir dans la 1/2 section et départ le soir vers 10 heures.

13 août : Réveil 1 heure, départ 2 heures en direction de Saint-Dié puis direction Provenchères et marche en avant sur Strasbourg (optimisme).
A 1 km de Provenchères, bombardés par les canons allemands. Halte puis entrée dans la ville. Arrêt de 5 heures, arrivée à 10 heures et départ à 15 heures. Couchés sur les trottoirs. Passage des 54e et 59e R.A.C. qui vont se ravitailler à l'arrière. Rencontre un ami artilleur.
3 heures, départ pour Colroy-la-Grande ou nous conatonnons dans la nuit du 13 au 14, la frontière passe à 1 000 mètres.
Rencontre avec le 149e R.I. qui vient de se battre durement au col de Sainte-Marie, perte environ 500 hommes.
Il va se reposer à Provenchères en emportant des trophées. On rencontre des déserteurs allemands.

14 août : Réveil 1 heure puis contre-ordre. Nouveau réveil à 7 heures, montée du 54e R.A.C., à 8 heures, il fait très chaud, pas d'ordre de départ, impatience. Réception des premières lettres de Vienne.
Vers 5 heures du soir, départ à 5 heures 30. Marche de 3 heures et arrivée au col de Sainte-Marie. Nous couchons dans un chemin à 50 mètres (?) de l'ennemi, le clairon de la 5e compagnie est tué dans l'après-midi.

15 août : Réveil 3 heures. Etablissement de petits-postes. Il pleut, le premier mort allemand. Assaut du fort (?) de Sainte-Marie. Poste d'écoute. Le froid.

16 août : Nuit passée dans l'eau, départ 11 h., marche pour le cantonnement. Arrivé 8 h. du soir, encombrement.

17 août : Bien reçu (Saulxures). Traces de la bataille. La fosse aux morts français. Le clocher à la mitrailleuse. Village brûlé, repos de l'après-midi, alerte à 22 h., départ pour Saint-Blaise. La gare. Les 32 canons allemands. Le cantonnement d'alerte. L'usine. Le château. Moment de gaîté. Violon.

18 août : Reveil au milieu des décombres. Départ pour l'attaque. Marche à l'ennemi. Montée des sapins. Départ pour le col de l'abbaye. Les chasseurs. Redescente. Retraite du 52e R.I. Offensive allemande. Les tranchées.

19 août : Retraite précipitée. Isolés. Rejoint Saint-Blaise. Duel d'artillerie. La fatigue. Pas de grand-halte. Sous la mitraille. Les obus allemands. Reprise de l'offensive vers 9 h., marche dans les sous-bois. L'artillerie tue. L'ennemi sous le feu de notre artillerie. 6 h. à midi. Du pain. Des lettres. Départ pour l'attaque des retranchements. Marche sous bois. Fusillade.

20 août : Réveil 3 h. Marche pour l'attaque. Sous-bois. Premiers coups de fusil, attente sous les obus allemands, fusillade de l'autre côté de la vallée.

21 août : Retour à Saint-Blaise, la retraite. Le défilé devant le général de division. Nuit aux avant-postes.

22 août : Retraite dès 5 heures sur Colroy-la-Roche. Exécution des tranchées au-dessus du village.
Lettre de Claudius PEYRET pour ses parents à Montsevroux (Isère) le 22 août 1914. Le 2e bataillon est chargé de protéger la retraite, Claudius PEYRET pense qu'il écrit ses dernières lettres, il doit résister car en face il y a 3 corps d'armée ennemis et il n'y a plus que la 28e D.I., un ennemi cinq fois plus nombreux. On a reçu l'ordre de nous faire tuer jusqu'au dernier et de ne plus reculer, idée qui ne nous est d'ailleurs jamais venue à l'esprit
Tous très calmes et gais malgré la mort peut-être certaine si l'ennemi réussit à nous approcher avec son artillerie, nous attendons. Situation critique mais pas désespérée. Que Dieu protège et abrite sous notre victoire la noble cause que nous défendons.

23 août : Nuit dans les tranchées. A 3 heures, réveil, la fusillade n'a pas commencée mais nous sommes au contact. Brouillard intense, pas 10 mètres de visibilité. Dès la disparition du brouillard à 5 heures, bombardement aussitôt, 1 heure après, retraite vers Saales. Peu avant Saales, le commandant (ARBEY) reçoit l'ordre de revenir en arrière pour défendre le débouché de Colroy-la-Roche.
Sur la crête, nous faisons des tranchées, ) 1 000 mètres en face, sur une crête dominante, il y a l'artillerie allemande. Il faut se masquer derrière un bois et faire les tranchées la nuit.
Mais l'ennemi canonne Saint-Blaise, pas de ravitaillement depuis hier à midi si ce n'est qu'une boite de viande de conserve.

24 août : Journée terrible.

25 août : Reprise de l'offensive. Combats à Ménil.

26 août : Cantonnement à Saint-Jean-d'Ormont. Combats à Saint-Jean. Résistance dans les tranchées. Organisation du col (de la Culotte). Nuit pluvieuse.

27 août : Fusillade dès l'aube, par les mitrailleuses aussi. Duel d'artillerie, la pluie. Retraite sur Saint-Dié.

28 août : Les tranchées. Attaque de Saint-Dié. Dans la prairie.

29 août : Marche sous les bois. Le lieutenant MICHOUX. NOLLI (?). Les obus, attaque allemande. Retraite de Rougiville, on s'installe.

30 août : Reformation des compagnies. Résistance dans les sapins. Défense de Rougiville et du col. Organisation des points d'appui. Nuit tranquille. Blessés prisonniers allemands.

31 août : Continuation d'organisation de points d'appui. Duel d'artillerie. Journée tranquille. Nuit aussi. On se bat à notre droite.

1er septembre : Attaque de Saint-Dié par la vallée de la Meurthe. Le village de la Bolle. La nuit dans un chemin creux.

2 septembre : Retraite sous les obus. Le Haut-Jacques, Les Rouges-Eaux, Taintrux, Xainfeing.

3 septembre : Cantonne Xainfaing. Marche sur Rougiville. Les abattis dans la plaine de Taintrux. Le Haut-Jacques en petit-poste.

4 septembre : Le Haut-Jacques, Vanémont. Les renforts du 97e R.I. (Arrivée)

5 septembre : Rassemblement du régiment. (En) Soutien de l'artillerie. Perte de 2 batteries du 54e R.A.C. Cantonnement Vanémont.

6 septembre : Reste de la journée à Vanémont. On se nettoie. Une habitante de Saint-Dié qui a fuit, lave le linge de la 1/2 section. Le capitaine content de sa compagnie, vient de donner 40 francs par section pour améliorer l'ordinaire. Les hommes essaient d'oublier les mauvais moments pour penser à vaincre de nouveau cet ennemi. Arrivée des 120 (canons de 120 mm)

7 septembre : Reposé après une journée tranquille en compagnie des réfugiés de Saint-Dié. Installations de nos nouveaux 120. (En) Sous bois. (En) Soutien de l'artillerie. Retour à Vanémont. Alerte, relève du 22e R.I. la nuit. (Dans) Les tranchées.

8 septembre : Dans les tranchées de Taintrux. Relève vers 12 heures par les hommes du 299e R.I. de Vienne. Une partie de la nuit dans le bois. Reconnaissance de nuit vers Xainfeing. Attaque. Nuit en éveil. Anxiété.

9 septembre : Aux avant-postes de Xainfeing. La pluie. Bons renseignements. Tranquilisés. Organisation du village. Obus sur Taintrux. Le soir aux tranchées. Attaques de nuit vers 23 heures. Fusillade sous la pluie.

10 septembre : Une nuit de bataille. Dans les tranchées. La pluie, la boue. Obus sur Taintrux. Alerte la nuit.

11 septembre : Marche sur Saint-Dié. Organisation du cantonnement. Tranchées ennemies. Fuite ennemie dans la nuit. Entrée dans Saint-Dié. Au col de la Culotte. Le restaurant pillé.

12 septembre : Cantonnement au col de la Culotte. Marche à l'ennemi. Saint-Jean-d'Ormont. Col du Las. Dans le bois et les genêts. Les obus. Cantonnement à la Grande-Fosse.

13 septembre : Mauvais temps. Vers le col du Las au-dessus de Saales. Attaque du village. Retraite sur Saint-Jean-d'Ormont. Contre-attaque de nuit. En reconnaissance. Robache. Saint-Dié, on dort à l'hôtel de la Poste.
(Rescapés de la section du sergent PEYRET ?)
BOURCIER, MARTIN, CAFFOZ, MOLLARD, MILLION, CHALENCON, RIOU, PAVIER, TIRON, BERTHET, LEBREUX, CLAY, COLOBRAY, LACOUCHE, GARNIER, BAIN, FAURE André, GARDON, ROBIN, ORCET, CHAUTEMPS, MATHIEU, GOLLION (22).

14 septembre : Départ de Saint-Dié pour Rambervillers. Hôtel de la Poste à Saint-Dié. La Salle, la Forêt, Jeanménil, Saint-Maurice.

15 septembre : Saint-Maurice. Attente du départ. Une journée de repos.

16 septembre : A Saint-Maurice. Attente. Reconnaissance d'officiers. Mon 2e galon (sergent-major).

17 septembre : Marche de Saint-Maurice à Bayon et Hagnéville, Baumencourt.

18 septembre : Départ Hagnéville à 3 heures pour Bayon. Embarquement. Départ. 8 heures 15, Charmes, Epinal, Vesoul, Gray, Dijon..

19 septembre : Nuit dans le train. Réveil à Montereau, Fontainebleau, Avon, Villeneuve-Sainte-Georges, les Ecossais. Noisy-le-Sec, Paris, la tour Effel, Champigny. Débarquement à Clermont.

20 septembre : A Clermont (Oise).

21 septembre : Camprement à Rouquerolles.

22 septembre : Rouquerolles pour Saint-Just et Crévecoeur-le-Petit. Un belge.

23 septembre : Montdidier. Le Quesnel.

24 septembre : Le Quesnel, Guillaucourt, marche d'approche. Harbonnières, Framerville. L'attaque d'Herleville, nuit dans les betteraves.

25 septembre : Nuit froide, contact. La charge. Les tranchées. Les obus et la retraite. Le capitaine blessé (BONNOT). Défense de Rainecourt. Organisation. Reprise de l'offensive. Le capitaine ISNARD. La nuit dans les tranchées du village.

26 septembre : Je prends le commandement de la 6e compagnie. Evacuation de Rainecourt. Reprise du village de Herleville. En réserve général de division. Cantonnement à la sucrerie de Péronne.

27 septembre : Attaque de Fay. Les tranchées en avant du bois. Un blessé soigné par les allemands. Nous passons la nuit sur place.

28 septembre : Nuit dans les tranchées. Les propositions à la compagnie. Deuxième nuit dans les tranchées.

29 septembre : Tranchées de Foucaucourt. Village de Fontaine-lès-Cappy. Fusillade le matin, duel d'artillerie. Reconnaissance de Fay. Le capitaine RAJON.

30 septembre : Pas de changement dans les tranchées. Des cartes. Des nouvelles. Ma nomination d'adjudant. Attaque nocturne par la cavalerie.

1er octobre : Nuit froide dans les tranchées. Première gelée blanche. Fusillade dans la nuit.

2 octobre : Nuit blanche. Attaque. résistance à l'ennemi. 1 bataillon contre 120 hommes. Plus de cartouches. Attente des renforts.
La retraite sous les mitrailleuses ennemies. Je perds ma compagnie. Plus que 18 hommes sur 120. Je suis blessé. Chuignes. Malade (commotion cérébrale).

3 octobre : A l'infirmerie provisoire d'Harbonnières. Evacué sur Moreuil puis Paris. Arrivée à Aubervilliers.

4 octobre : Nuit dans une usine sur la paille. Embarquement d'Aubervilliers, le Bourget, Versailles, Chartres, Le Mans, Bagnoles-de-l'Orne.
En auto vers Tessé-la-Madeleine. Soigné par des soeurs et des dames de la Croix-Rouge.
La directrice : comtesse de ...
Le directeur : marquis de ...

4 au 11 octobre : Convalescent.

12 octobre : Visite de l'évêque de Sées.

21 novembre 1914 : Arrivée à Lyon et Vienne.

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