Journal de la Guerre 1914 1918
d'un ubayen :
Anselme CHARPENEL

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Chanson

LAS FILHAS DOU PAÌS

Quand van en vadroulha
Per sercar una bella,
Siou toujours braudoulha
Despieì que siou soudat.

Las filhas de mon paìs
Creìoun que la guerra
Vaì toujours durar.
Mè ,las anen ben agantar.

Plagnou lou " poilu "
Que vaì en permissien
Per en poou s'amusar
Oume sa pichouna.

A faìre de foulias
Inutile de li pensar
Puisque quasi toutas
Lou mandoun proumenar.

Si n'ìn trobava una
La menaria per lou bras !
Mè, las bouenas vielhas
Disoun qu'es pecha.

Quand n'avian una
Einan d'estre soudat
Toutas marounavoun
Meme lou bouen curat.

Si es en Mexicain
L'affaìre es pu grava
E, lou paoure s'entourna
Entieramen desmouralisa.

Si enca ma mirina (marraine de guerre)
Lou cuer de sa paysa
Trop dur per partajar
Lou mandoun promenar.

Viva las filhas de vila (de la ville)
Partajoun tout à adjuar
A partajar las penas
D'aquela ouribla guerra.

REFRÌN

Que chantes, qu'enchantes
Chantes pas per ella,
Chantes per lou " poilu "
Que toujours se batte.

LES FILLES DE MON PAYS

Quand ils partent en vadrouille
Pour chercher une belle,
Je suis toujours bredouille
Depuis que je suis soldat.

Les filles de mon pays
Croient que la guerre
Va toujours durer.
Mais, nous allons bien les attraper.

Je plains le " poilu "
Qui part en permission
Pour un peu s'amuser
Avec sa petite amie.

A faire des folies
Inutile d'y penser
Puisque presque toutes
L'envoient promener.

Si, par hasard, il en trouvait une
Il la mènerait par le bras !
Mais, les bonnes vieilles
Disent que c'est péché.

Quand j'avais une amie
Avant d'être soldat
Toutes les autres ricanaient,
Même le bon Curé.

S'il s'agit d'un Mexicain (revenu du Mexique)
L'affaire est encore plus grave.
Et le pauvre (poilu) s'en retourne
Complètement démoralisé.

Si encore ma " marraine de guerre "
Le cœur de sa payse
Trop difficile à partager,
Elles l'envoient promener.

Vive les filles de la ville.
Elles partagent tout pour aider
A partager les peines
De cette horrible guerre

. REFRAIN

Que tu chantes, que tu chantes
Ne chantes pas pour elle
Chantes pour le poilu
Qui toujours se bat.

Fait à Eix (Meuse) Anselme CHARPENEL

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