Source : bulletin de la société philomatique vosgienne

1927-1928

Merci à Jean-Claude FOMBARON & Yann PROUILLET

La bataille de Saint-Dié
Août - Septembre 1914

Une bonne fortune m'a permis de recueillir auprès d'un acteur du drame toute les indications nécessaires pour la bonne compréhension des faits qui se sont déroulés dans la région de Saint-Dié, au début de la dernière campagne.
Exerçant à l'époque, un commandement important, au sein du 2e bataillon du 99e régiment d'infanterie, il a relaté avec force détails, les différentes affaires auxquelles il a pris part.
Poussant l'amabilité, dont je lui rends ici hommage, jusqu'à me confier son carnet de route, il a été possible d'établir un résumé historique des journées d'août et septembre 1914, résumé basé sur des notes personnelles, et par-là prêtant peu aux défaillances de mémoire.
L'unité envisagée n'est pas d'un recrutement vosgien ou lorrain. Mais nombreux sont ceux qui la composaient et qui dorment leur dernier sommeil dans les cimetières proches de Saint-Dié, à la Fontenelle et particulièrement aux Tiges. Les Déodatiens se doivent de connaître les luttes physiques et morales endurées par ceux qui ont reçu la mission de les défendre et de les libérer. Quelques noms d'officiers sont cités. Il n'y a pas ceux-là qui devraient être connus. Les noms de tous les combattants devraient y être ajoutés. Malheureusement la liste en est trop longue.
Dans un même hommage, associons aux noms cités tous ceux des héros obscurs, qui, ayant les uns comme les autres, reçu la même mission d'honneur, ont trouvé la même mort glorieuse.

L.W.

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Carnet de route d'un combattant (1)

16 août : prise de Sainte-Marie-aux-Mines
24 août : combat de Saulxures
25 août : combat de Ménil
27 août : perte de Saint-Dié
28 août : contre-attaque sur Saint-Dié
30 août : combat des Moitresses

6 août 1914 : Embarquement du 2e bataillon du 99e R.I. à Vienne, à partir de 14 heures.
Discours d'adieux dans la cour de la Caserne Rambaud, de MM. BRENIER, député, Maire et MASCLE, sous-préfet.
Foule énorme, angoissée, mais calme et très courageuse, sur le court parcours de la Caserne à la Gare aux marchandises.
L'accès au quai est interdit à la foule qui fait preuve de discipline admirable, ne veut pas entraver les opérations d'embarquement, et ne cherche pas à rompre les barrages.
Départ du train à 16 heures.
Itinéraire : Lyon, Ambérieu, Bourg, Dôle (halte-repas).

7 août : Le train continue sur Besançon, Belfort, Lure, Aillevillers.
Dans cette gare fonctionne le P.O.C. du C.A.
Arrivée du bataillon à Epinal à 14 heures.
Débarquement du bataillon en 40 minutes, voitures comprises et mise en route par Razimont sur la cantonnement de débarquement : Cheniménil.
Le 2e bataillon y cantonne en entier, à partir de 18 heures, dans de bonnes conditions.

8 août : Séjour à Cheniménil (concentration de la D.I.)

9 août : Séjour à Cheniménil. Exercices aux abrods du cantonnement.

10 août : Alerte à 16 heures. La D.I. toute entière, par une marche de nuit doit se rapprocher de la frontière en serrant dans la région de Bruyères. C'est la conséquence d'un combat malheureux livré par le 21e C.A. (149e R.I.) au col de Sainte-Marie.
Départ à 18 heures. Confusion à la sortie de Docelles. De longs temps d'arrêt pour former la colonne. Personne n'a voulu être en retard et tout le monde s'est précipité au point initial.
Au 2e bataillon, les marmites ont été renversées alors que la soupe était presque prête. Avec un peu plus de sang-froid on eût pu faire manger les hommes.

11 août : Marche toute la nuit. Le régiment en entier suit un itinéraire médiocre qui recoupe la Grande-Route qui suit l'artillerie. D'où croisements de colonnes, arrêts, fatigues, etc...
A partir de Bruyères, nous suivons la route de Saint-Dié.
Au jour, le régiment s'arrête et bivouaque dans les bois de la croupe est de Vanémont.
Il y est survolé par des avions ennemis se dirigeant vers Epinal ou inversement. C'est un phénomène nouveau qui excite la curiosité et provoque des fusillades désordonnées. Il faut plus de discipline.
A la nuit, le 2e bataillon descend par les pistes de forêt sur Saint-Léonard pour y cantonner.

12 août : Le 2e bataillon est maintenu à Saint-Léonard.

13 août : Marche de la D.I. sur la vallée de la Fave, en direction générale de Villé, se flanc-gardant vers le nord-est (DUBAIL, page 27)
Le 2e bataillon se porte de Saint-Léonard sur Provenchères par Sainte-Marguerite et Neuvillers et bivouaque de 12 à 16 heures au bois de Charémont, nord-ouest de Frapelle.
Traces du combat récent livré par le 21e C.A. qui a repoussé à Provenchères des éléments du 99e R.I. de Landwehr ; on ramasse en souvenir quelques pattes d'épaules. Curieuse coïncidence : voilà deux R.I. portant le même numéro qui vont combattre l'un contre l'autre dès le début des opérations.
Le 2e bataillon se porte sur Colroy-la-Grande pour y cantonner. Mais, à la nuit, le commandant, les 5e et 6e compagnies sont expédiés au col de la Raleine. Les deux autres compagnies et la S.M. restent à Colroy.

14 août : A la nuit, les éléments du 2e bataillon restés à Colroy rejoignent le reste du bataillon au col. Itinéraire par Lubine et le chemin qui se dirige vers la cote 894.
Le bataillon a ce soir-là son premier contact avec l'ennemi, en l'espèce des patrouilles et a son premier tué, un clairon de la 5e compagnie.
Aucun ravitaillement ce soir-là.

15 août : Au jour, les 7e et 8e compagnies sont poussées à la cote 894 ainsi que la S.M. Elles s'installent défensivement face au sud et à l'est. L'ennemi tient toujours aux contre-pentes est du col de Sainte-Marie et il est visible pour le bataillon sur le plateau de la Bouille. Ce plateau couvre immédiatement Sainte-Marie au nord. Il est organisé défensivement, comme a pu le constater le 10 août dernier, le 149e R.I. et comme on peut le voir de la cote 894.
Le 2e bataillon continue à s'organiser défensivement. Il lui est adjoint un élément du Génie et une batterie d'artillerie.
A la nuit, violent orage et trombe d'eau.
Dans la deuxième partie de l'après-midi, des troupes de la D.I. ont débouché à notre gauche du col de la Hingrie et ont attaqué en progressant par l'arête sud vers Sainte-Croix. Les deux autres bataillons du 99e R.I. participent à cette attaque. Vive fusillade. La pluie et le brouillard empêchent le 2e bataillon de voir ce qui se passe et d'intervenir, au moins par son feu. La liaison est recherchée et établie, en fin de journée, par le sous-lieutenant KLEBER.
Au cours de la nuit, violents orages.
Nervosité qui se traduit dans toute la région par de vives fusillades désordonnées.
Aucun ravitaillement en vivres.
Le commandant du 2e bataillon est d'ailleurs sans nouvelles du commandant du régiment depuis deux jours. Il reçoit ses ordres directement de l'état-major de la D.I.

16 août : PRISE DE SAINTE-MARIE-AUX-MINES.
Le général BLAZER arrive au petit jour au fortin organisé par le 2e bataillon à la cote 894, bientôt suivi d'un groupe du 54e d'artillerie.
Il fournit des indications verbales sur la manoeuvre à réaliser.
Il s'agit d'un vaste encerclement destiné à faire tomber Sainte-Marie-aux-Mines en agissant par le nord avec le droite de la 28e D.I. tandis que la 27e D.I. agira de front à l'ouest et au sud. c'est la suite de la manoeuvre d'hier.
Le régiment y participe. Le 2e bataillon partant de la cote 894 se portera vers le sud par les bois de la crête frontière, pour attaquer en liaison avec la gauche de la 27e D.I. le plateau de Bouille.
La marche d'approche se déclenche vers 11 heures et s'effectue bien, sous la protection d'un impressionnant tir d'artillerie.
La jonction se fait avec deux bataillons du 52e et du 140e R.I. Il y a peu d'organisation du commandement et les chefs de bataillon, en prenant contact, se consultent sur leur ancienneté respective.
Mais les patrouilles ont opéré et l'on apprend que le plateau à conquérir est évacué.
Nous traversons le terrain de l'échec du 149e. Nombreux cadavres et grand désordre d'équipements abandonnés. Ceci, c'est la réalité sévère qui commence à se révéler aux hommes et n'est pas sans les impressionner grandement.
Le plateau de la Bouille a des organisations défensives perfectionnées. Les abris de mitrailleuses sont remarquablement camouflés. Il y a aussi des communications dissimulées les reliant avec les arrières. Cela révèle une organisation non improvisée, mais faite à loisir en temps de paix. Il est confirmé par les gens de Sainte-Marie que ces travaux datent d'avril 1914.
Les troupes se réjouissent de n'avoir pas eu à donner l'assaut, et l'expérience désastreuse du 149e R.I. s'explique.
Elles séjournent longtemps sur le terrain et un peu avant la nuit aperçoivent des chasseurs, fanfare en tête, qui descendent par la route du col de Sainte-Marie. Le col est donc dégagé et le boche, craignant l'encerclement, a fui.
A la nuit, le 2e bataillon reçoit l'ordre d'aller cantonner à Sainte-Marie. Il y descend par un très mauvais sentier et y arrive vers 21 h. 30. La ville est bondée de troupes de la 27e D.I.
A 22 heures, il commence à s'installer à la filature DIETSCH où il tient en entier. Le propriétaire reçoit tous les officiers.
Pluie torrentielle, et, encore une fois, pas de ravitaillement. Mais il y a les ressources de la ville.

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17 août : Départ de Sainte-Marie à 5 heures, direction Sainte-Croix-aux-Mines, où nous retrouvons les deux autres bataillons du Régiment. Le 2e prend la queue. Marche tout le jour par la pluie. De Sainte-Croix, montée directe par le sentier qui conduit au col de la Raleine (cote 894), puis descente sur Lubine.
Grande halte à la bifucation 1 kilomètre Est de ce village, de 12 à 14 heures.
Le T.R. vient nous rejoindre et ravitailler.
La marche reprend par Lubine et le chemin de terre du Hang, vers Bourg-Bruche et Saulxures. Arrivée à la nuit en ce point après une marche de 30 kilomètres par la pluie et en montagnes.
Cette marche s'explique par le glissement général de la masse de la première armée vers le Nord-Ouest, en direction de Sarrebourg. (DUBAIL)
L'effort physique a été grand, pendant ces 4 derniers jours. L'absence de cuisines roulantes s'est fait durement sentir. Le combat, un instant entrevu, n'a pas fait subir à nos nerfs sa rude épreuve.

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18 août : Mouvement du 2e bataillon de Saulxures-sur-Plaine où il cantonne tout le jour.
Le 21e C.A. est devant nous, au Donon. Le capitaine AVRIL de la 5e reçoit l'ordre de se rendre en ce point pour préparer la relève de la brigade HAMON (13e D.I.) par des éléments de la 55e brigade.
Il s'y rend à cheval et rentre à la nuit.
Départ du bataillon à 21 h 40 car alerte, direction Saint-Blaise. Cantonnement d'alerte à l'usine de ce village.
Ce mouvement doit être rattaché à l'incident du 22e R.I. dans la vallée de Villé.

19 août : Le 2e bataillon, toujours séparé du régiment, est dirigé par Colroy-la-Roche sur Ranrupt et Steige. Il atteint la lisière Ouest du village où se tient le général SORBET, qui commande une brigade (53e brigade) de la 27e D.I. Ce général dirige le bataillon sur la crête Sud de Steige, cote 686.
Le temps est beau et l'on aperçoit pour la première fois le Rhin et la ville de Sélestat.
Vers Meissengott, le combat reprend à 16 heures. Le sous-lieutenant BRUN cherche vainement au Sud la liaison avec le 14e B.C.P.
A la nuit, ordre de battre en retraite sur le col de la Salce. Mouvement assez délicat. L'artillerie ennemie tire violemment sur Steige, sur la route du col et sur la vieille route.
Au col, le bataillon reçoit l'ordre d'aller à nouveau en direction de Steige pour prendre les avants-postes. Il s'installe à 500 mètres du col, à cheval sur la route, dans l'ordre 8e, 5e et 7e. Le 6e est en soutien près du col.

20 août : Le 2e bataillon, toujours sans contact avec le reste du Régiment et sans nouvelles de lui, est ramené au jour sur Saint-Blaise, où il passe la journée en réserve de D.I. sur les pentes Est du village, sous le tir de l'artillerie allemande.
Vers 17 heures, mouvement offensif général dans la vallée de la Bruche. Le 2e bataillon y participe en cheminant par la rive droite, avec mission d'assurer la liaison entre les éléments de la D.I. opérant sur les deux rives. Objectif : Rothau.
Traversée délicate de Fouday, puis le bataillon s'engage en lisière des bois par le chemin de terre qui suit au plus près la rivière.
A la nuit, il s'arrête et bivouaque sur l'éperon boisé immédiatement au Nord du coude de la route Fouday-Solbach.

21 août : Au jour, le bataillon reprend sa marche sur Rothau et aboutit à l'éperon boisé 1.500 mètres Sud en face de la cote 312, tenue par l'ennemi. Les tranchées et leurs occupants sont visibles. Grâce à une bonne discipline, le bataillon est parvenu là sans être éventé et il ne le sera qu'à son départ.
L'intention du commandant (2) est d'attaquer. Mais le capitaine AVRIL et le commandant de la Section de Mitrailleuses (1) l'en dissuadent (aucune liaison avec les voisins dont on est sans nouvelles ; pas d'artillerie).
A 11 heures, le bataillon renonce à déboucher au Nord lorsque lui parvient une estafette de la D.I. porteur d'un pli l'invitant à battre en retraite au plus tôt, étant à 3 kilomètres en flèche.
Le retour sur Fouday ne va pas sans quelques pertes, mais le général PUTZ manifeste au commandant sa satisfaction pour le sang-froid déployé.
Le bataillon s'établit en soutien de l'artillerie sur le plateau Ouest de Diespach.
A notre droite comme à notre gauche, les troupes sont en pleine retraite et cette action du canon semble couvrir le mouvement.
L'ennemi nous observe à son aise du Champ du Feu.
A la nuit, le bataillon rentre à Saint-Blaise et s'installe au bivouac dans les bois de sapins de la croupe au Sud.

22 août : Le 2e bataillon est envoyé au bois du Sapinot, Sud de Colroy-la-Roche, où il s'installe aux avants-postes face au Nord et à l'Est. Il est là, en liaison avec le 2e B.C.P. qui est établi face à l'Est.
Il semble donc que les allemands progressent peu à peu par les vallées de la Bruche et de Villé. L'impression que nous sommes à l'aile droite de l'armée est très nette et le flanc droit est souvent menacé. C'est la troisième fois que le bataillon fait face à l'Est.
Journée et nuit sans incident. L'ennemi tient Ranrupt et la scierie, mais ne cherche pas à déboucher. En fin de journée, notre artillerie le canonne violemment.

23 août : Le 2e bataillon, au matin, est rappelé sur Saulxures et Goutrangoutte, où il retrouve le gros du régiment en marche vers l'Ouest.
Il reçoit vers midi l'ordre de faire demi-tour et de s'établir sur le plateau du Pré-Surneuf, 1500 mètres Sud de Saint-Blaise.
Dans ce mouvement face en arrière, la 5e compagnie ne suit pas et restera rattachée au gros du régiment, dont elle suivra le sort le soir et le lendemain.
Le bataillon bivouaque à la lisière Nord du bois, entre la route Bourg-Bruche, Saint-Blaise et la ferme Surneuf.
Aucune liaison n'est établie à droite.
A gauche, le régiment tient en fin de journée le fond de la Bruche, au Nord de Saulxures, à peu près le long de la route cote 503, Vert-Pré sa droite au ruisseau (5e compagnie).
Toute la nuit, on perçoit un bruit intense de colonnes hippomobiles en marche sur les routes aux environs de Saint-Blaise.
Cela nous laisse prévoir un combat imminent pour demain.

24 août : COMBAT DE SAULXURES
Au petit jour, combat très vif dans le brouillard qui couvre la vallée.
Quand celui-ci se dissipe sous l'effet du soleil, le 2e bataillon voit en avant et à gauche dans la vallée des lignes de tirailleurs français se porter vers le Nord, puis refluer. Les deux artilleries adverses sont en action ; la fusillade est intense, mais il est impossible de distinguer ce qui se passe.
Dans l'après-midi, on apprendra que le régiment a reçu l'ordre d'attaquer au petit jour et qu'il s'est trouvé presque nez à nez avec les colonnes ennemies se portant vers le Sud, dans le brouillard.
Il en est résulté l'action très confuse dont le 2e bataillon n'a vu que la 2e phase.
Dans ce combat, sont tombés le lieutenant-colonel MARTINET, commandant le régiment, et le commandant SOUBEYRAND, commandant le 3e bataillon.
La 5e compagnie perd son chef, le capitaine AVRIL, tué en se portant d'une section à l'autre pour diriger le combat de son unité.
De ce jour, le commandant ARBEY sera le seul officier supérieur du régiment et le commandement lui reviendra.
Mais le 2e bataillon ne reste pas longtemps spectateur, et son tour de combat arrive.
Au jour, il a pris le dispositif de combat suivant :
A gauche, 7e compagnie, face à l'Est, dans les bruyères, entre la cote 553 et l'Est de Surneuf ;
A droite, la 8e compagnie tenant la ferme Surneuf et couvrant le flanc droit du bataillon ;
Au centre, reliant les deux colonnes, la 6e établie en rentrant et au sommet du rentrant, la S.M. dont les pièces flanquent bien les deux faces du bataillon. Cette dernière unité s'enterre et se camoufle.
Peu à peu l'ennemi est observé, qui progresse très méthodiquement du front Saint-Blaise, Colroy-la-Roche vers la cote 553. Cette direction de la progression ennemie indique le danger que court le flanc droit.
Le combat s'engage bientôt sur le front des 7e et 6e compagnies. La première est un peu gênée par la hauteur des bruyères. Mais l'autre, appuyée par la S.M., inflige des pertes très sévères à l'assaillant.
La 7e se sent peu à peu menacée par le Nord mais pare le coup et tient.
A droite, malgré les précautions prises, la 8e compagnie ne peut empêcher les boches de déborder la ferme Surneuf par le Sud, le combat dans les bois devient rapidement très intense et l'intervention de la demi-compagnie de la 8e, réserve de bataillon, ne suffit pas à contenir l'adversaire. C'est le premier combat sérieux du bataillon et la troupe se révèle bien en main, malgré quelques erreurs de détail. En particulier, il n'a pas été fait de tranchées et les pertes par le feu d'infanterie s'accusent sévères en très peu de temps. Seule, la S.M. s'est enterrée et elle peut conduire son feu avec grand succès, prenant d'enfilade le ravin ferme Surneuf, cote 466, et brisant la progression ennemie à l'Ouest de ce ravin. Les pertes ennemies sont si sévères qu'il ne peut aborder la 7e compagnie. Mais l'extension de son action par la droite suffit à assurer le succès de son effort et le commandant du 2e bataillon doit se résoudre à reculer un peu pour échapper à la menace qui grandit.
Le repli s'exécute vers midi, en commençant par les deux compagnies d'aile, sous la protection de la 6e et de la S.M.
La proximité du bois facilite le décrochage. Mais ayant bondi sous bois, et le tir ennemi cessant, un peu de confusion se produit dans les unités brusquement soustraites au danger. Il faut les reprendre en main avant de les reporter en avant.
Remises en ordre vers la ferme la Roue, les compagnies sont reportées au combat par le chemin allant de ce point à Haut-Charas.
Le bataillon s'installe face au Nord sur la crête immédiatement en avant de la ferme, entre elle et la route de la vallée de la Bruche.
8e compagnie et S.M. à droite, en liaison avec le 11e B.C.A. dont le front est face à l'Est et dont la gauche, face au Nord, tient la cote 680.
7e compagnie au centre et 6e compagnie au delà, sa gauche tenant la route
Les troupes, instruites par le combat du matin, creusent le sol.
L'effort ennemi, au cours de l'après-midi, sera d'enlever la cote 680.
Il cherchera à progresser par l'axe Saint-Blaise, Surneuf, cote 680, en débordant ce dernier point par l'Est et par l'Ouest.
Sa progression durera toute l'après-midi. Elle est peu inquiétée par nous, mais suivie attentivement et avec beaucoup de sang-froid, malgré les difficultés du terrain, bois et bruyères.
Vers 16 heures, lorsqu'on le juge assez massé à courte portée, le feu est ouvert sur toute la ligne, et toute tentative pour reprendre la progression est brisée dès le départ. Les sections de mitrailleuses du bataillon de chasseurs alpins et du bataillon, placées pour enfiler les lisières Est et Ouest du bois de la cote 680, font l'une et l'autre un travail précis et puissant. Dès lors, leur tir ne cessera plus et tout point suspect dans leur champ de tir sera immédiatement attaqué et criblé.
Malgré les couverts, l'ennemi cloué au sol partout est incapable de déclencher l'assaut qu'il a préparé.
Vers 18 heures, le bataillon reçoit l'ordre écrit de se replier sur Bourg-Bruche et Saales. La nature du terrain facilite le mouvement qui s'exécute de jour avec un ennemi, tout proche. Néanmoins, le bataillon a quelques pertes par le feu d'infanterie et par le violent tir d'artillerie qui s'abat sur la ferme Haut-Charas.
A noter l'effet déplorable produit par ce repli sur la gauche du 11e B.C.A. qui se sent en l'air et qui se croit lâché. Mais le commandant de ce bataillon est croisé par le commandant ARBEY, qui le met au courant. Or, il se trouve qu'il l'est déjà.
Le mouvement vers le sud est judicieusement ordonné par le commandant du bataillon en profitant des bois, par le chemin de terre cote 680, lisière Ouest du bois de l'Evreuil.
Les compagnies se rassemblent à la sortie Sud de Bourg-Bruche, violemment bombardé, et le bataillon se regroupe en colonne de route à l'entrée de Saales. En traversant ce village, le commandant du bataillon est complimenté pour la tenue de son bataillon pendant toute cette dure journée. Il est invité à assumer à partir de ce soir le commandement du régiment.
Au col de Saales, le bataillon reçoit l'ordre de continuer sa marche sur Saint-Jean-d'Ormont, par la Grande-Fosse. Il arrive à minuit dans un village bondé de troupes, et y retrouve les deux autres bataillons du régiment.
Après les marches et contre-marches des quinze derniers jours, au delà de la frontière, et après la prise de fer de ce jour, nullement à notre désavantage, ce bond en arrière s'explique peu pour nous, à cette époque.
Il faut le rattacher à l'échec de Morhange, qui a entraîné la retraite de la gauche de la 1ère Armée.
Le général DUBAIL a écrit :
"Pour assurer la liaison entre les 14e et 21e C.A., je prescris au 14e corps de se replier sur le front Moyenmoutier, Ban-de-Sapt, Provenchères."
Ainsi s'expliquent, par des considérations d'ensemble, des déplacements du front qui ne peuvent pas être attribués à des échecs tactiques locaux.
Le combat de la matinée a coûté au 2e bataillon la perte du capitaine RIVE, des sous-lieutenants IMBERT et CIVADE, tous trois blessés.
Avec le capitaine AVRIL, tué.

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25 août : COMBAT DE MENIL
La journée du 24 août a consacré la désorganisation matérielle des deux bataillons du régiment, les premier et troisième.
La journée du 25 va consacrer celle du 2e bataillon.
Ainsi s'illustrera pour le 99e R.I. la parole du général DUBAIL :
"Les corps de troupes sont à bout de force, désorganisés, les cadres manquent partout."
A cinq heures, un détachement formé de 6 compagnies (Etat-Major du régiment, 2e bataillon et 2 compagnies du 3e, dont la compagnie FURTIN, et du 3e groupe de 54e d'artillerie, le tout sous les ordres du colonel CREPEY) a pour mission d'attaquer en direction de Ménil-Senones, pour venir en aide à la 27e D.I. fortement pressée dans la vallée du Rabodeau, vers Moyenmoutier.
La colonne se forme et se porte en avant par la route Launois, Laître, sur le moulin de la Vaux et Ménil. Aux approches de ce village, le combat s'engage.
A gauche, la 6e compagnie s'empare de Ménil partie Ouest, mais prise sous des feux violents d'infanterie, ne peut progresser au Nord.
A droite, la 5e compagnie borde la route 533, mais ses efforts pour dépasser ce piton sont vains.
Le sous-lieutenant LOIDREAU (6e), l'adjudant-chef VERNET (5e) sont l'un grièvement blessé, l'autre tué au cours de ses tentatives.
A droite de ces deux compagnies, sont déployés les deux compagnies du 3e bataillon, aux lisières Nord du bois d'Hortomont. Elles sont très violemment prises à partie par l'infanterie et l'artillerie.
En arrière de ce dispositif linéaire, la 7e compagnie et la S.M., la seule désormais en soutien en lisiètre du bois, face à Ménil, vers le bois d'Hortomont.
Pour mémoire, la 8e compagnie, en soutien d'artillerie, en arrière.
La lutte se poursuit très vive et très sanglante, pour les quatre compagnies de première ligne.
Vers 13 heures, il devient évident que leur résistance est à bout et qu'un fléchissement peut se produire d'un moment à l'autre.
Le commandant ARBEY en informe le colonel CREPEY qui s'en montre un peu irrité et constate qu'il a l'ordre de combattre jusqu'à la nuit. Que faire, si le commandant du détachement désire poursuivre la lutte sur place ?
Cette obstination à ne pas vouloir soustraire momentanément la première ligne aux émotions de la lutte pour reformer un front de combat un peu en arrière, à hauteur du soutien comme le lui propose le commandant ARBEY, va avoir des conséquences que l'ennemi se charge de souligner.
Les allemands, ayant déterminé le front d'engagement du détachement, commençent à le déborder par les deux ailes.
Le danger auquel aucune infanterie disponible ne peut parer entraîne le repli de la droite. Presqu'en même temps, la gauche se voit débordée par le ravin du tissage du Pranssieux et les mitrailleuses prennent d'enfilade le ravin Sud-Ouest de Ménil et ses occupants, ainsi que la lisière des bois d'Hortomont.
Le colonel CREPEY assiste de ce bois, complètement impuissant, à la dislocation de son faible front de combat. Il voit son artillerie compromise. Une batterie est prise sous le feu des mitrailleuses et essaye de sauver son matériel dans un effort dramatique. La compagnie de soutien d'artillerie assiste impuissante à ce drame d'artillerie rapide, qui démontre que la sécurité de l'artillerie doit être avant tout demandée à la solidité du front de combat.
En quittant son poste de combat du bois d'Hortomont, le colonel CREPEY prescrit au maigre échelon de soutien d'assurer le repli du détachement. Il y a lieu d'insister en détail sur ce brillant moment de l'action où le lieutenant PONCET, tombé sur le terrain de combat, a très brillamment rempli la sévère mission qu'on lui confiait.
La 7e compagnie et la S.M. ont profité du début de l'action pour se fortifier en s'enterrant. Malgré que la position est prise d'enfilade à gauche, elles peuvent répondre très énergiquement au feu.
L'ennemi essaye en vain de déboucher de Ménil, les mitrailleuses remplissent leur office et la compagnie complète bien leur action.
Laissant une mitrailleuse sur le village, l'autre fait 60 degrés à gauche et par un tir extrêmement violent et prolongé, parvient à neutraliser toute tentative des mitrailleuses adverses.
Au prix d'un effort qui dure plus d'une heure, l'ennemi semble calé.
Mais l'autorisation de battre en retraite n'arrive pas. Le lieutenant PONCET décide de combattre sur place quoi qu'il arrive.
Vers 17 heures, un ordre écrit, porté par l'agent de liaison SIMON, de la 7e compagnie, finit par arriver, autorisant la 7e et la S.M. à battre en retraite. L'alerte a été chaude, mais la délivrance demande encore un effort.
Toujours très calme, le lieutenant PONCET invite la S.M. à rompre la première et s'offre à ne donner le signal de repli à ses sections que lorsque le commandant de la S.M. n'aura plus besoin de sa protection.
Il ne lui est demandé qu'une minute, le temps de recharger les pièces sur les deux mulets amenés sous bois à l'avance, et dissimulés aux coups dans un chemin creux.
Le mouvement de la S.M. n'échappe pas à l'adversaire dont la fusillade reprend très intense. Mais, en raison des formes du terrain, il n'y a qu'un court espace battu, 150 mètres en profondeur.
La S.M., pas plus que la 7e compagnie, qui le franchissent l'une et l'autre au galop, ne peuvent le faire sans pertes.
Malheureusement, le lieutenant PONCET resté avec son dernier échelon, tombe très grèvement touché et reste aux mains de l'ennemi qui poursuit.
Les allemands occupent les hauteurs au Sud de Ménil et les lisières Sud du bois d'Hortomont, mais avec des éléments peu importants. Aussi, ils inquiètent les troupes en retraite, mais ne leur causent pas de pertes sérieuses.
Le commandant ARBEY est au moulin de la Vaux. Le retour presque inespéré de la 7e compagnie et de la S.M. lui tire des larmes de joie, qui se transforment en larmes réelles en apprenant la disparition de PONCET.
La fin de la journée est très confuse. Un front de combat se constitue avec peine autour de l'artillerie établie à la Fontenelle et vers Laître.
Les unités sont désorganisées et assez déprimées. Des groupements du moment sont constitués pour tenir jusqu'à la nuit, mais se dispersent au moindre incident. Le détachement est à bout.
A la nuit, il se replie sur Saint-Jean-d'Ormont, laissant à d'autres le soin de fournir les avant-postes.
Le 2e bataillon n'a plus d'officier à la 7e compagnie.
Le sous-lieutenant PLANTIER, qui n'a pas assisté au combat, envoyé à Bruyères au-devant des réservistes, sera blessé avant de retrouver son unité.
Les autres compagnies n'ont plus d'officier, sauf la 8e deux.
Le reste du cadre a souffert en proportion.

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26 août : Le 2e bataillon est envoyé au col du Bon-Dieu. Le commandant ARBEY se joint à lui. Les deux autres bataillons agissent individuellement, au hasard du moment, et pour leur plus grand dommage, actionnés directement par la brigade.
Le 3e bataillon (capitaine FURTIN) auquel la S.M. MICHOUX reçoit l'ordre de se joindre, a la mission de protéger le repli des troupes qui vont occuper et défendre la ligne des bois de la Bure et d'Ormont, dont le point vital est marqué par le col de Robache.
Ce bataillon prend position sur l'éperon au Sud de Saint-Jean-d'Ormont, mais ne s'y laisse pas accrocher. Vers 10 heures, il se met en retraite sur les raids de Robache et arrive au col dans une confusion de voitures et de troupes de toute espèce.
L'action de l'artillerie ennemie se charge d'accélérer le passage du col.
Il est impossible d'indiquer quelles dispositions de défense furent adoptées en cette région ; il y avait des unités de toute la D.I. dans une inexprimable confusion.
Les troupes et détachements épars étaient reportés sur la ligne de combat sans souci des liens tactiques. Pas de secteurs de combat avec chefs responsables, de la nervosité partout. Nous avons appris à organiser le combat, depuis ces tristes jours où tout semblait sacrifié à la volonté d'apprendre à se cramponner au sol.
L'énergie dépensée en fut pas en rapport avec les pertes subies du fait de cette confusion, organisée en système. On ne saurait être trop sévère contre un pareil système de commandement, et pour bien souligner l'erreur, ajoutons que le boche ne se montra pressant qu'un peu avant la nuit.
Un incident bien significatif nous éclairera encore plus parfaitement sur nos fautes de l'époque : le sous-lieutenant PLANTIER était allé la veille à Brouvelieures, chercher un détachement de renfort de 200 ou 300 hommes du 299e venant de Vienne, à destination du 99e. Ce détachement non encadré et non organisé pour combattre arriva à hauteur du hameau de la Culotte à la nuit, au moment où une vive fusillade au col de Robache fit un instant croire à la perte du point.
Le sous-lieutenant de cavalerie (4), chef de ce détachement, reçut alors l'ordre de monter au col et de contre-attaquer pour le reprendre.
Il avait à agir immédiatement, avec sa troupe inorganisée, dans la nuit, et sur un terrain inconnu.
Qu'on imagine les angoisses de ces malheureux réservistes, ignorant tout de la guerre, ainsi employés !
Le résultat ne se fit pas attendre : le détachement monta vers le col, se déploya tant bien que mal en arrivant à la ferme en flammes, puis se porta de l'avant jusqu'à la crête. Eclairés par l'incendie, les tirailleurs présentaient une cible vivante à l'adversaire. En un instant, le combat dans la nuit prend une intensité extrême, dans les deux camps. Le détachement dispersé par le feu, le sous-lieutenant de cavalerie blessé, tel fut le bilan.
Le lendemain et les jours suivants, on retrouvait partout des isolés du 299e ne pouvant se rattacher à aucune compagnie, à aucun bataillon présentn dans le secteur et ne sachant que devenir dans cette tourmente.
Le gaspillage d'effectifs a été si manifeste, en cette occasion, que l'incident ne doit pas être passé sous silence. Depuis, la moralité en a été tirée et l'organisation de Dépôt Divisionnaire ou Centre d'Instruction Divisionnaire réalisée, mais de pareils faits ne devront jamais être perdus de vue.

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27 août : PERTE DE SAINT-DIE
Au jour, des obus de 150 venant de l'Est tombent sur Saint-Dié et Sainte-Marguerite. Il semble manifeste que les boches, maîtres des hauteurs de l'Ormont, ne vont pas tarder à menacer le flanc droit des défenseurs du col de Robache.
Vers 10 heures, l'action se déclenche de front et de flanc.
L'ordre de repli a-t-il été donné aux défenseurs du col ? Ceux-ci refluent très rapidement et le mouvement prend bientôt une véritable allure de panique, troupeau qui se dirige sur Saint-Dié.
Heureusement, un violent orage s'abat sur la région masquant tout à l'adversaire dont le tir d'artillerie s'allonge trop haut sur la route de repli.
Une partie des trains de combat d'infanterie, dont ceux du régiment, suit la route Est de la Meurthe, par la Pêcherie, pour emprunter le pont de Saint-Michel-sur-Meurthe, celui de Saint-Dié restant réservé à l'artillerie.
Par suite de la disposition initiale du régiment, une partie (deux bataillons) a traversé Saint-Dié et doit barrer la vallée de Taintrux aux Tiges. Le 2e bataillon, toujours avec le commandant ARBEY, a été rappelé du col du Bon-Dieu et ne s'est pas trouvé englobé dans la bagarre. Il arrive en bon ordre à la Pêcherie où il rallie de nombreux éléments épars qui suivent le mouvement des convois.
Il traverse la Meurthe sur une passerelle et va occuper Herbaville pour établir la liaison entre les 27e et 28e D.I.
Mise en état de défense du village.
Deux compagnies égarées du 22e R.I. aux ordres du capitaine ANGINIEUR passent la nuit dans ce village.
Nuit calme. L'ennemi est entré à Saint-Dié à midi, mais n'a pas tenté de déboucher au Sud de la Meurthe.

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28 août : CONTRE-ATTAQUE SUR SAINT-DIE
A lieu à partir de 16 heures.
Les deux autres bataillons y participent à travers le faubourg des Tiges, en partant de la Bolle.
Le 2e bataillon (capitaine MURET) a serré sur sa droite par les bois, le long de la voie ferrée, et débouche à la Chenale en direction du piton de Saint-Roch.
Son rôle est de couvrir à l'Ouest et au Nord le flanc gauche de l'attaque des deux autres bataillons, puis de pénétrer dans Saint-Dié par le Nord.
Il débouche des bois et de suite son mouvement est remarqué par des observateurs de l'artillerie ennemie. Un violent tir fusant de 77 et 105 s'abat sur la voie ferrée et sur la lisière des bois de la Madeleine. Mais l'énergie agissante du capitaine MURET assure le déploiement de son bataillon.
La progression dans les prés se poursuit avec ordre et méthode. Les bonds s'organisent pendant les arrêts du tir ennemi ; et tout cela se passe véritablement comme sur un champ de manoeuvre. Mais les pertes sont sérieuses et marquent la valeur de l'effort produit.
Pendant que les compagnies de droite se rabattent sur Saint-Dié, la 5e compagnie (MICHOUX) traverse la Meurthe à gué et s'établit sur la rive Nord, le lit du cours d'eau lui servant de tranchée. Le combat par le feu s'engage alors avec des éléments qui tiennent la route au pied du piton Saint-Roch.
A la nuit, le combat cesse et le 2e bataillon a l'ordre de s'installer aux avant-postes le long de la voie ferrée, en se reliant à droite avec la 2e compagnie (lieutenant MEYER)
Le 2e bataillon avait perdu les deux jours précédents les sous-lieutenants BRUN, CLITON et PLANTIER. La contre-attaque de ce soir lui coûte encore 3 officiers blessés, le capitaine MURET, les sous-lieutenants KLEBER et ROUSSET.

29 août : Le 2e bataillon s'installe au jour dans les bois, sur la croupe de la Madeleine, à la Roche du Pas-de-l'Ane.
Par ses feux, il prend d'enfilade le carrefour immédiatement au Nord de la cote 384, et ralentit grandement la progression des fantassins ennemis qui attaquent en lignes de tirailleurs très denses.
En fin de journée, le bataillon qui a reculé conformément aux ordres reçus, mais toujours très posément, se trouve sur les pentes de la croupe immédiatement au Nord des Moîtresses.
Il passe, à la nuit, en réserve au carrefour 432 Nord de Rougiville.

30 août : COMBAT DES MOITRESSES
Au jour, le commandant ARBEY essaye de réaliser un peu d'ordre dans son bataillon réservé. Ce bataillon n'a plus que trois officiers.
Le lieutenant MICHOUX prend la 5e compagnie et la S.M.
Le capitaine BONNOT garde sa 6e.
Le lieutenant DE TRAVERNAY dirige la 8e.
La 7e compagnie est supprimée.
La 5e, pour prendre un exemple, a 140 hommes de provenances les plus diverses, mais se trouve réunir environ une section de la vieille 5e, une section de la 9e et une section de la défunte 7e.
A cinq heures, le commandant ARBEY reçoit l'ordre de faire réoccuper l'important carrefour situé à 300 mètres Sud du hameau des Moitresses qui vient d'être lâché au moment du repli des avant-postes (route du Haut-Jacques).
Sans plus attendre, il ordonne à la 5e compagnie qui s'organise tout près de lui de se mettre en route.
Les dispositions d'approche sont prises et lorsque les patrouilles arrivent au coude de la route, le commandant de la compagnie qui se propose de remplir sa mission en s'installant sur la croupe au Nord de ce carrefour, les arrête et change sa formation : il aborde la croupe; sa compagnie en ligne d'escouades par un, et s'avance ainsi sous bois, chaque file étant précédée à moins de 100 mètres par 2 hommes.
Cette disposition des troupes qui rend possible leur déploiement instantané va de suite prouver sa valeur.
La ligne des éclaireurs, en arrivant au chemin de bois qui monte sur les plateaux, voit à moins de 100 mètres d'elle un bataillon ennemi en formation de route par 4, qui vient du village des Moitresses, et qui s'apprête à pénétrer sous bois.
C'est la rencontre inévitable.
Les éclaireurs se couchent, la 5e compagnie se déploie, une section à droite, une au centre et légèrement en échelon, 1/2 section sur le haut du terrain et aussi en retrait. La 1/2 section restante est laissée en soutien sur le petit sentier dont il a été question plus haut. Enfin, la S.M. à hauteur du soutien assure dans la vallée la sécurité du flanc droit et doit interdir tout mouvement ennemi de ce côté.
Le feu est ouvert par la 5e compagnie toute entière qui prend ainsi l'initiative d'engager l'action.
Surprise adverse, puis riposte, et la fusillade devient très violente. Le combat se poursuit à moins de cent mètres.
Dès le début, le commandant de la compagnie a deviné la manoeuvre des allemands et il s'apprête à la mettre en échec lorsqu'elle se dessinera.
C'est par le couvert des bois et par le haut du terrain que le boche va chercher à faire tomber la résistance qui le contient.
La 1/2 section de gauche, tout en se couvrant en avant et à gauche, a l'ordre de combattre en refusant ses groupes de combat de gauche et la 1/2 section de réserve se tient prête à se déployer, elle aussi, en échelon en arrière et à gauche de la compagnie, mais ne le fera que sur ordre, lorsque le danger s'accentuera.
Le combat de front dure près de deux heures et l'ennemi qui doit péniblement gravir les pentes de la croupe boisée voit ses efforts successifs de débordements constamment parés. Le plus grand effort est demandé à tous et la compagnie qui finit par combattre aux deux-tiers enveloppée, ne cède pas d'un pouce.
Le renfort annoncé se fait longtemps attendre. Un peu avant son arrivée, un incident de combat marque l'âpreté de la lutte engagée.
La section du centre, se croyant sur le point d'être abordée, lâche pied, découvrant la section de droite. Le boche se lève, la baïonnette haute et tente de se précipiter sur la ligne en désordre. Que faire dans une telle situation ?
Le commandant de la compagnie ne peut accepter l'assaut dans cette situation. Il donne l'ordre de repli, mais devance sa troupe à la 1/2 section de soutien où il réussit à arrêter tout son monde.
Trois groupements de combat sont aussitôt rétablis et de suite la ligne est reportée de l'avant. Le contact est repris, le combat s'engage à nouveau et cette fois le boche se replie abandonnant le terrain et ses morts.
Un peu avant sa retraite, la 8e compagnie (lieutenant REYMOND) est arrivée. Le commandant de la 5e compagnie l'a orientée à sa gauche lui donnant comme direction le sommet de l'éperon, l'atteindre et s'y organiser.
Le mouvement de cette compagnie est assez lent en raison des pentes. Mais il s'exécute bien et l'adversaire bloqué renonce à la lutte, pour s'établir aux avant-postes à 400 mètres au Nord.
Les 5e et 8e compagnies ont remporté là un réel succès, ainsi qu'elles pourront s'en convaincre les jours suivants. Non seulement l'ennemi ne fera plus une seule tentative sur ce point, mais il permettra à ces deux unités de la suivre jusqu'aux abords de Saint-Dié.
Elles pourront alors constater qu'il a laissé plus de 80 morts sur le terrain. De son côté, la 5e a sérieusement payé : 23 tués et plus de 30 blessés. Mais la confiance est grande et elle sait maintenant ce que c'est que bien se battre. Elle ne craint plus le boche.
En arrière, le commandant du régiment et la D.I. ont vécu une matinée d'angoisse et ont appris avec joie le succès. Ils ont manifesté leur satisfaction en faisant nommer immédiatement capitaine le lieutenant MICHOUX.

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31 août : Aucun incident sur la position des Moitresses qui s'organise (tranchées, abatis), la 6e compagnie a serré en soutien des deux autres, au coude de la route.

1er septembre : La D.I. signale que l'ennemi se replie devant son front, au Nord de la Meurthe.
Pour le vérifier, une reconnaissance offensive est prescrite à la 5e compagnie, étayée par la 6e qui se portera sur la position des Moitresses et par la 8e qui la suivra en lisière des bois.
Un peloton de cavalerie lui est adjoint.
La reconnaissance dépasse la Bolle, en se tenant sous bois ; elle n'a qu'une 1/2 section dans la vallée, le long de la route.Cette fraction ne peut dépasser le pont sur le Taintroué à la Bolle. Elle est fortement accrochée sur son flanc droit et perdra du monde.
Le reste de la 5e poussera jusqu'à la chapelle du Bihay et y tiendra 24 heures. L'ennemi tient les Tiges. Il est impossible de progresser plus loin sans s'exposer aux pires aventures.
La nuit se passe dans les conditions suivantes :
5e compagnie à la chapelle du Bihay.
8e à sa gauche, dans le bois mais bien reliée à elle ;
6e en soutien sur les positions de départ des Moitresses.

2 septembre : Pas de changement jusqu'à 10 heures.
A ce moment, ordre est donné au 2e bataillon de revenir sur ses positions de départ de la veille. Mais le mouvement est très délicat pour la compagnie du Bihay. Celle-ci, pour ne pas éveiller l'attention de l'adversaire, exécute son repli, homme par homme, sur trois directions différentes prises à la lisière des bois. Ayant ainsi opéré, elle met plus d'une heure, mais parvient sans un seul hommes de perte à regagner les bois.
A 14 heures, la situation pour le 2e bataillon est de nouveau celle du 31 août.
Les positions sont améliorées.

3 septembre : Le commandant ARBEY passe sur la rive droite du Taintroué pour y diriger les autres fractions de son régiment, engagées vers Grandrupt.
Le capitaine MICHOUX prend le commandement du secteur des Moitresses avec les 8e et 5e compagnies auxquelles viendront s'adjoindre deux compagnies égarées du 22e R.I. (capitaine ANGINIEUR).
La 6e compagnie est appelée vers 13 heures sur Grandrupt. Après quelques hésitations sur le choix du meilleur itinéraire, le capitaine BONNOT, pour obtempérer au plus vite, se décide à traverser directement la vallée à hauteur du carrefour, 500 mètres Sud des Moitresses.
Sa compagnie est si violemment prise à partie en ce point, par des tirs fusants et des mitrailleuses, qu'elle est dispersée ; une partie seulement rallie le point de départ.

4 septembre : Aucun incident sur la position des Moitresses. L'ennemi a reporté son effort sur le plateau, sur la Croix Idoux et en direction du Haut-Jacques.
Un parlementaire traverse le pont au cours de l'après-midi par la route de Rougiville à la Bolle. Tout se passe dans les formes prévues par le règlement. Ce parlementaire est l'adjoint au Maire de Saint-Dié, chargé par l'ennemi d'une périlleuse mission (retour d'otages) près le Préfet d'Epinal.

5 septembre : Cette journée peut être marquée d'un caillou blanc.
Les débris du régiment sont ramenés en arrière, en réserve de Corps d'Armée. Il en profitera pour se reconstituer en incorporant un important renfort.
Aux Moitresses, ce sont les deux compagnies ANGINIEUR qui exécutent la relève.
Le groupement du régiment se fait, et par Taintrux, il gagne Vanémont.
La réunion à la mairie de Vanémont des officiers restant (15 si les souvenirs ne me trompent) est d'un effet poignant.
L'effectif global du régiment, tel qu'il découle des appels faits at aussi des chiffres de l'officier d'approvisionnement, se monte à 580 hommes. Où est le beau régiment du départ ?
Une seule compagnie, la 4e a conservé tous ses officiers. Mais peut-on dire que la compagnie ISNARD a combattu ?
Le 2e bataillon est ainsi reconstitué :
Capitaine FURTIN, commandant le bataillon.
Capitaine MICHOUX, 5e compagnie.
Capitaine BONNOT, 6e compagnie.
Sous-lieutenant PERRACHON, 7e compagnie.
Caporal DUCROS, Section de Mitrailleuses
Pas d'autres officiers que les commandants d'unités.
Ce régiment procède, ce jour-là, à l'incorporation d'un premier renfort de 800 hommes provenant du 97e R.I.

6 septembre : Le 2e bataillon est dirigé sur la Bourgonce, en réserve de D.I.
Les 800 hommes incorporés hier sont retirés aux compagnies pour être dirigés sur une autre direction.
L'arrivée d'un détachement de 2.000 hommes en provenance de Vienne est annoncé. En attendant, un premier contingent nous est attribué.
Retour à la nuit du 2e bataillon.

7 septembre : Incorporation au cours de la matinée du nouveau renfort annoncé hier.
Les compagnies arrivent à dépasser 250 hommes.
A titre d'exemple, la 5e atteint 292 et elle n'a qu'un seul officier et deux sous-officiers de l'active, pas d'adjudant, pas de sergent-major.
On imagine sans peine la lourdeur de telles unités, dans lesquelles il y a 80 hommes qui ont combattu.
Après ce travail, le 2e bataillon est dirigé sur le carrefour 525 (3 kilomètres Nord de Vanémont), chemin du Paires à la vallée des Rouges-Eaux.
Aucun incident pendant ce séjour en réserve de D.I.
Retour à Vanémont à la nuit.
A 21 heures, le régiment se porte tout entier de l'avant pour relever le 22e R.I. qui va procéder à des opérations similaires.
Pour 6 compagnies, dont le 2e bataillon, le rendez-vous est à Xainfaing.
La relève s'exécute sur les positions tenues, croupe 450 au Nord-Ouest de ce village.

8 septembre : A 15 heures, la 5e compagnie reçoit mission d'établir la liaison entre les deux brigades de la D.I., laision à rechercher et à établir dans les bois de la cote 606 au Nord de Taintrux.
Le commandant de la compagnie se porte sans dommages sur Taintrux, violemment bombardé par du 150 et vide de défenseurs.
Il se porte sur les pentes Nord du village et gagne la hauteur par le sentier qui aboutit au Col entre les cotes 606 et 637.
Arrivé au Col, il établit sa liaison à droite avec une compagnie de chasseurs qui tient la cote 637.
Il fait tenir le col par un peloton et pousse l'autre, face à gauche, sur la cote 606.
Mais celle-ci est tenue par l'ennemi.
La 5e compagnie bivouaque seule, au contact.
Aucun ravitaillement pour elle ce soir.

9 septembre : La 5e compagnie reste au contact de l'ennemi, s'y renforce. Aucun ravitaillement.

10 septembre : Nuit très agitée, fusillades multiples au cours d'un violent orage.
Au cours de l'après-midi, de nombreuses colonnes de voitures sont visibles sur la route de Saint-Dié à Baccarat, au nord de la Meurthe, quittant Saint-Dié.
Le commandant de la 5e compagnie en rend compte.
Ces mouvements sont également perçus par les chasseurs de la cote 637.
Ils se poursuivent tout l'après-midi.

11 septembre : Au jour, une patrouille allemande qui monte vers le col est mise en fuite par celle de la 5e qui sortait.
A la cote 606, l'ennemi confirme sa présence.
Une nouvelle patrouille lancée vers 10 heures peut atteindre le sommet. Il en est aussitôt rendu compte, lorsque parvient au commandant de la 5e compagnie l'ordre de s'emparer du point qu'il vient d'atteindre et l'indication de poursuivre en direction de Saint-Dié.
La 5e compagnie est alors prise sous un violent tir de 75 français et doit se réfugier dans les abris boches.
Elle se met en marche directement vers les Moitresses où elle rallie à 16 heures le gros du régiment qui se forme en colonne de route, les allemands ayant battu en retraite au nord de Saint-Dié.
Entrée à Saint-Dié, à la nuit et sous la pluie. Accueil chaleureux des habitants.
Pas de halte dans la ville.
Long arrêt à la sortie nord en attendant les ordres.
Finalement le régiment se porte sur Robache et fournit des avant-postes au col.
Le 2e bataillon est maintenu au village.
La compagnie FOURQUET (2e) reçoit à une heure, sur ordre venu de l'arrière, la mission de pousser sur Saint-Jean-d'Ormont, de reconnaître et d'occuper ce point.
Elle rend compte un peu avant le jour qu'elle a pu remplir sa mission.

12 septembre : A 5 heures, formation d'une colonne de brigades ou division d'infanterie avec pour itinéraire au col. Lenteur. Et la colonne ne sera pas encore formée qu'elle devra se déployer pour combattre.
Le régiment se trouve ainsi bloqué plusieurs heures à Saint-Jean-d'Ormont, puis il est dirigé sur le Faîte et le Fraiteux.
Deux bataillons sont alors poussés dans les bois du Faîte pour en déloger l'ennemi.
Le 2e bataillon est d'abord maintenu soutien, puis est orienté par la division sur le col d'Hermanpère avec mission de marcher sur Petite-Fosse et de là sur Grande-Fosse pour tourner la résistance ennemie au col du Las.
C'est un mouvement de grande amplitude.
Le 2e bataillon gagne le col d'Hermanpère et descend sur la Petite-Fosse en colonne de route, la 7e compagnie en avant-garde.
Malgré cette formation bien peu en rapport avec la situation, il surprend une compagnie allemande qui n'est pas gardée et qui s'enfuit à toute allure et en débandade jusqu'au col de Saales.
A partir de la Petite-Fosse, le bataillon qui a perdu toute liaison avec les troupes engagées dans le bois du Faîte s'engage sur le chemin de terre qui aboutit à l'église de la Grande-Fosse.
Mais il est pris de flanc par une artillerie vers Saales et se déploie. Il dépasse le hameau des Brulées et gravit le plateau à 400 mètres nord de ce point. Un vif combat d'infanterie s'engage alors.
La nuit vient bientôt couvrir d'ombres tutélaires ce combat incertain.
Le capitaine FURTIN décide alors de se replier sur la Petite-Fosse pour la nuit. Une trombe d'eau vient achever de justifier sa décision.

13 septembre : Au jour, le commandant du bataillon tarde un peu à prendre de nouvelles dispositions de combat. Il faut l'insistance pressante de se commandants de compagnies pour qu'il renonce de rester concentré dans la cuvette de ce village bien nommé.
Finalement, les dispositions de combat suivantes sont ordonnées :
7e compagnie est maintenue à la sortie est du village.
8e prend position sur la croupe sud.
5e prend position sur la croupe nord.
6e va s'installer en repli au col.
L'attaque ennemie que chacun pressent surprend le bataillon qui réalise son dispositif. S'il est mal en état de recevoir l'attaque, du moins, il ne sera pas enfermé dans une souricière.
Cette attaque allemande a paru fortement menée : 1 régiment, 1 groupe. Elle agit par les deux croupes qui dominent le village et dès qu'elle se déclenche compromet gravement la 7e compagnie.
Sur la croupe sud, la 8e doit se replier devant la menace sur sa droite.
La 5e compagnie a les plus grandes peines à se maintenir sur la croupe nord à cheval sur la route du col, violemment prise à partie, et a une demie section qui ne peut décrocher à temps.
Finalement, le commandant du bataillon estimant fort justement que le col est la position essentielle, donne l'ordre de repli sur ce point.
Le bataillon envisage alors les nouvelles dispositions de combat à prendre lorsque se produit un incident fort regrettable :
Un ordre lui parvient indiquant que la division d'infanterie doit être retirée immédiatement de la bataille pour se porter vers l'arrière, par Saint-Dié, etc...
Elle n'attendra pas la relève par la 41e D.I. dont on annonce l'approche.
Les troupes, infanterie et artillerie exécutent.
Le 2e bataillon gagne Saint-Jean-d'Ormont qu'il traverse en colonne par 4, sous l'oeil paternel de la brigade et de la division d'infanterie, à 11 heures, et monte au col de Robache.
Il est arrêté au delà du col par un contre-ordre.
Le reste du régiment, étroitement au contact s'est décroché avec quelque peine. Il est arrêté à Saint-Jean-d'Ormont, reçoit l'ordre de prendre ses positions de départ, mais ne peut guère que déboucher au delà du village.
A 15 heures, le glissement allemand d'Hermanpaire sur le col de Robache par les bois de l'Ormont s'accentue et il faut y parer.
Le 2e bataillon qui avait été rappelé sur Saint-Jean-d'Ormont reçoit à nouveau l'ordre de regrimper jusqu'au col où se trouve déjà le 3e bataillon.
Une certaine confusion règne en ce point de sinistre mémoire, mais l'énergie des fractions du 2e bataillon qui se déploient et des dispositions de combat judicieuses parvient à enrayer la menace ennemie sur le col.
La nuit ramène le calme.
A minuit, le régiment est relevé sur ses emplacements de combat par le 133e R.I. de la 41e division.
La campagne des Vosges est terminée.

14 septembre : Aussitôt la relève terminée, le régiment s'achemine par Saint-Dié, Nompatelize, La Salle, Jeanménil, Rambervillers, sur Saint-Maurice-sur-Mortagne.
Il arrive en ce point à la nuit, après une marche de 37 kilomètres par la pluie.
Cantonnement passable.

15 septembre : Repos à Saint-Maurice-sur-Mortagne.

16 septembre : Repos à Saint-Maurice-sur-Mortagne.
Le régiment apprend en ce jour la bataille de la Marne par le communiqué du général JOFFRE :
"La bataille s'achève... en une victoire incontestable. Nos troupes... etc..."
Stupeur et joie.
Les officiers montés du régiment vont sur la Meurthe reconnaître les emplacements de combat de la 27e D.I. pour le cas où la 28e serait appelée à la remplacer.
Ces positions sont entre Azerailles et Flin, au nord de Baccarat.

17 septembre : La division doit s'embarquer à Bayon pour un nouveau théâtre d'opérations.
Marche de division par l'itinéraire : Moulin de Dainvillers, Clézentaine, Mattexey, Rozelieures, Fléville.
A l'issue de la marche, le régiment est cantonné à 3 kilomètres est de Bayon, à Haigneville.

18 septembre : Départ d'Haigneville à 3 h. 30.
Embarquement à Bayon (1 jour 1/2 de vivres de chemin de fer).
Voyage par Epinal, Jussey, Gray, Dijon.

Fin

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(1) Il y a tout lieu de croire qu'il s'agit du capitaine Georges MICHOUX, né le 3 décembre 1887 à Château-sur-Allier (Allier). Lieutenant, chef de la 2e section de mitrailleuses à la mobilisation, chef de la 5e compagnie le 31 août 1914, promu capitaine, blessé le 25 septembre 1914 à Herleville (Somme), revient le 25 octobre 1914 à la 7e compagnie. Passe à la compagnie de mitrailleuses le 20 février 1915. Nommé capitaine adjudant-major (adjoint du commandant) au 2e bataillon le 16 mars 1916. Détaché au cours d'officier d'Etat-Major le 16 décembre 1916.

(2) Commandant Isidore ARBEY (1860-1914)

(3) Le sous-lieutenant PILLOT