Carnet de guerre et de captivité

d'Alexandre Miachon

La captivité en Bavière
Laufen (1914 à 1916)

"tout le monde m'a remarqué comme j'étais seul et j'aurais préféré qu'ils me fusillent"

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Vendredi 11 septembre 1914
Le matin, vers la pointe du jour, l'officier et les sentinelles me conduisent au milieu d'une troupe allemande. Cette troupe se rentournait en caserne. J'ai marché tout le matin jusqu'à dix heures avec elle, nous sommes allés à Saales. Pendant le trajet, nous passions au milieu des villages, tout le monde m'a remarqué comme j'étais seul et j'aurais préféré qu'ils me fusillent. J'ai été logé dans la maison d'école où se trouvait un drapeau, là, j'ai pu acheter des boîtes de conserve, le maître d'école a été très gentil pour moi.
Vers les trois heures, nous sommes repartis, nous avons marché presque toujours dans les bois jusqu'à 9 heures du soir, ce jour là, j'étais très fatigué, nous cantonnons dans le village de Lubine. Comme nourriture, j'ai mangé un morceau de viande et du pain noir, c'est-à-dire, du pain de seigle. J'ai couché avec eux sur la paille.

Samedi 12 septembre 1914
Le lendemain matin, le régiment se met en route dès l'aurore pour aller à Cirey. Avant de partir, j'ai bu un peu de café que les allemands m'ont offert, c'est du café non sucré. Pendant le trajet, nous avons traversé des villages (Thiaville ???), dont les maisons étaient complétement démolies où brûlées, il ne restait plus que les murs. Vers midi, ils ont fait une grande pause dans un village où se trouvait déjà rassemblés plusieurs régiments. C'était, m'ont-ils dit, la division qui devait se rassembler ici. Ils se mirent ensuite en route pour Cirey, tout le long du chemin, j'ai porté l'appareil téléphonique puis, il m'ont fait porter un sac d'un homme qui ne pouvait plus marcher. Arrivés à Cirey, ils m'ont conduit dans un bâtiment qui était le théâtre de la ville. Là, se trouvait des prisonniers allemands gardés par des sentinelles de 40 à 50 ans. Ce soir là, j'ai mangé des biscuits allemands et une boîte de sardines que j'avais acheté. J'ai couché sur la paille. Parmi ces prisonniers, se touvait un alsacien qui causait le français. Il m'a dit qu'il était là pour s'être enivré. La sentinelle qui nous gardait m'a donné la moitié d'une brioche et une saucisse fumée.

Dimanche 13 septembre 1914
Le matin, je prends le jus et des petits biscuits avec les prisonniers allemands. Vers les 9 heures, nous nous mettons en route avec le régiment que j'avais suivi hier, nous avons passé à Lorchingen où nous avons fait la grande halte. J'ai mangé un morceau de viande et du pain noir. Là, se trouvait une vieille femme qui parlait français et qui me dit : "Maintenant que vous êtes avec nous, vous allez y rester." Puis, nous reprenons le chemin pour aller à Sarrebourg. Arrivé dans cette ville, toutes les personnes sortaient de leurs magasins, de leurs fenêtres et prononçaient le mot : Franzos, etc... J'étais toujours seul et tous les regards s'étaient fixés sur moi. Ils m'ont fait arrêter devant le bureau de recrutement. Ils me conduisent ensuite à la vieille caserne de Sarrebourg. Dans cette caserne, se trouvait de vieux réservistes. Ils m'enferment dans une des prisons où était déjà enfermés des camarades du 140e, j'étais à ce moment moins seul, chacun raconte sa prise, il y avait aussi un sergent du 10e, nous étions tous ennuyés. Le soir, nous mangeons une soupe de petits pois et du pain noir, ily avait le nécessaire comme lit, c'était une paillasse à 2 et une couverture.

Lundi 14 septembre 1914
Le lendemain matin, nous touchons un bon morceau de pain de seigle et nous buvons le jus. Le fossoyeur de la Ville vient nous demander pour aller travailler dans le cimetière, nous sommes allés. Beaucoup de curieux venaient sur leurs portes lorsque nous passions, comme travail au cimetière, nous avions à combler des fosses où se trouvaient des allemands et quelques uns de nos camarades mourant à l'hôpital. Dans ce cimetière, avait eu lieu un grand combat, beaucoup de morts y sont enterrés. Le fossoyeur parlait français et était bien complaisant, il allait chercher ce que l'on voulait en cachette, charcuterie, chocolat, tabac, etc... Nous revenions manger à la caserne et nous repartons, toujouts accompagnés d'une sentinelle. Le soir, nous avons toucher un morceau de pain et nous avons eu une soupe au lard.

Mardi 15 septembre 1914
Le lendemain, après avoir bu le jus, nous retournons au travail et la journée se passe comme celle d'hier. Le soir, à notre arrivée, nous étions plus nombreux, cinq nouveaux prisonniers sont arrivés, 1 chasseur d'Afrique, 1 hussard, 2 chasseurs à cheval, 1 chasseur d'infanterie. Comme souper, nous touchons encore de la soupe au lard.

Mercredi 16 septembre 1914
Même journée qu'hier.

Jeudi 17 septembre 1914
Le lendemain matin, après avoir bu le jus, nous allons au travail comme d'habitude. A midi, lorsque nous sommes arrivés pour la soupe, nous apprenons le départ pour Strasbourg à 2 heures. L'heure arrivée, nous quittons la caserne pour aller à la gare, un monde fou nous entourait. A 2 heures 1/2, nous prenons le train dans les wagons de 4e classe. Pendant notre trajet, nous avons passé à Saverne. Ce n'est que vers 7 heures que nous sommes arrivés à Strasbourg. De la gare, ils nous ont conduit dans un bâtiment fermé, pour y aller, il a fallu traverser la ville, quelques personnes nous ont suivi jusqu'au bâtiment. Dans ce bâtiment, il y avait 2 petites cours, là se trouvaient quelques camarades, surtout du 11e (chasseurs alpins). Un moment après, ils nous ont servi un peu de jus avec un petit morceau de pain, puis ensuite, nous sommes montés au dernier étage de la tour où se trouvait des paillasses et la nuit s'est assez bien passée.

Vendredi 18 septembre 1914
Le lendemain matin, le réveil a été à huit heures, je me suis habillé et lavé, le jus et un petit morceau de pain nous a été servi 1 heure après le réveil. De la tour, j'ai vu l'ancienne cathédrale de Strasbourg que j'ai trouvé très jolie, puis une femme qui se trouvait en face m'a demandé si on était bien, elle parlait français, c'était probablement une alsacienne. Toute la matinée s'est passée à tourner autour de la cour. Avec nous se trouvaient des prisonniers civils. A midi, nous allons manger un peu de bouillon de pois et un morceau de pain et l'après-midi se passe comme le matin, la journée a parue longue. A six heures, nous avons bu le jus, couhés par-terre dans une cabane en bois, ce soir, il pleuvait parce que nous devions partir à minuit. A minuit, il y a eu rassemblement et nous sommes aller à la gare.

Samedi 19 septembre 1914
A 1 heure 1/2, le train s'ébranle et nous voilà dirigés à Lechfeld. Pendant le trajet, les gares que nous avons passé sont Rastatt, Otigheim, Bietigheim, Karlsruhe, Rufenmuchsorbar, Ollingen, Ludwigsburg, Inffenhausen, Tenerbarch, Stuttgart. Là, à cette (gare), nous sommes descendus pour prendre du café. Esslingen, Altbach, Balnstein, Ulm, lager Lechfeld.



Dimanche 20 septembre 1914
Nous descendons à Lechfeld, c'était environ huit heures du matin, de là, ils nous conduisent dans le grand camp où de nombreux camarades se trouvaient prisonniers. Ils nous font mettre sur deux rangs dans un grand pré, les officiers du camp nous comptent et demandent divers renseignements et en même temps, ils lisent le réglement. Pendant ce temps, Comte m'appelle puis Perret, puis Robert, celà me faisait plaisir de revoir les anciens copains. Ensuite ils nous ont affecté une baraque qui se trouvait en face de nous, nous étions 180, dans le nombre, il y avaient de nombreux blessés. Après nous étions en liberté. Dès ce moment, tous les copains sont venu me toucher la main et me demandaient beaucoup de renseignements sur les autres copains puis aussi de ma prise. Eux étaient pris depuis le 19, 20, 21 août. Comme nourriture, le menu est indiqué à la fin du carnet, tout était sans gout, nous touchions 1/3 de boule par jour.

Semaine du 21 au 27 septembre 1914
Toute cette semaine nous n'avons rien fait, je me suis promené dans le camp avec les camarades. Le Dimanche, je suis allé à la messe du village. Ce village est très petit. L'église est par suite, très petite. Nous remplissions toute l'église, debout. A l'intérieur, il y a beaucoup de décorations mais lourdes, à l'extérieur, il n'y en a aucune. C'était des prêtres français qui disaient la messe. Elle durait environ une heure, ensuite, nous nous sommes rentournés vers le camp. De temps en temps, j'achetais des petits pains et du pain, du fromage, du chocolat.

Semaine du 28 septembre au 4 octobre
La semaine s'est passée comme la dernière, seulement, il y a eu quelques corvées à faire tous les deux jours. Ces corvées consistaient à transporter des planches, des sapins, de la gare au camp où nous les utilisions à la construction des baraques., transporter du gravier dans des wagonnets, faire des trous où tirer du gravier, ce n'était pas trop pénible, nous faisions ce que nous voulions seulement la nourriture n'était pas suffisante. Le Dimanche, je suis retourné à la messe.

Semaine du 5 au 11 octobre
Cette semaine est la même que la précédente. Elle s'est terminée par le Dimanche ou je suis allé à la messe. Le samedi 10, le drapeau de Bavière flottait au milieu du camp, c'était la prise d'armes. Pour les allemands, c'était une grande victoire.

Semaines du 12 au 25 octobre
Mêmes semaines que les dernières. Le prêtre français réunissait tous les jeudis et Dimanches, les hommes faisant parti d'une société catholique. Cette réunion consistait à nous distraire. L'un d'entre nous faisait une petite conférence.

Semaine du 26 octobre au 1er novembre
Cette semaine se passe commes les autres. Une quête s'est faite parmi tous les prisonniers pour acheter une couronne en qualité de souvenir pour nos morts de 70-71 et de nos jours. Cette couronne a été portée le jour de la Toussaint par une délégation au cimetière de Lechfeld où étaient enterrés nos compatriotes. Ce jour de la Toussaint, le prêtre a prêché 1/2 heure sur cette fête et celle des morts. Chaque jour des canards (des bobards) sur la guerre, volaient dans le camp.

Semaine du 2 au 8 novembre
Cette semaine se passe comme les autres seulement au commencement, des bruits courraient que le 4e bataillon devait partir. C'était bien vrai. Jeudi, ma compagnie se rassemble et l'adjudant nomme tous ceux qui doivent partir. J'étais du nombre et nous ont averti de nous tenir prêt à partir. Le lendemain, vendredi, les officiers rassemblent tous les hommes du bataillon devant partir, on fait l'appel et nous préviens de ne pas nous éloigner de la baraque. Je dis au revoir aux copains. Toute la journée se passe en se tenant sur le qui-vive. Le soir, l'adjudant nous avertit que le réveil de demain est à 5 heres et le jus, 5 h. 1/2 et rassemblement immédiatement. Après le jus, nous nous rassemblons tous avec nos couvertures, cuillière, fourchette, couteau, serviette. Nous rendons tous ces effets et nous partons après pour Laufen, accompagné par Buch, baïonnette au canon. A la gare, le tram nous attendait, nous montons dans des compartiments de 3e classe, un quart d'heure après, le train s'ébranle et part. Pendant le trajet, j'ai vu des chevreuils à travers champs et en grande quantité, des lièvres. J'ai remarqué que les maisons étaient construites la plupart en bois et comme fenêtres, il y a des lucarnes. J'ai vu également nos marsouins en train d'installer un téléphone près de la voie ferrée. J'ai pris note à la dernière page du carnet, toutes les gares que j'ai passé. A Pasing, nous avons reçu une soupe et chacun 2 saucisses et deux petits pains pour le repas de midi.

(trajet jusqu'à) Laufen, Bavière

Hurlack, Kaufering, Epfenhausen, Schwabhausen, Geltendorf, Türkenfeld, Grafrath, Fürstenfeldbruck, Aubing, Pasing, Malshaus, Munich, Feldkirchen, Schwaben, Hörlkofen, Walpertskirchen, Tammarschbach, Dorfen, Schwindegg, Weidenbach, Ampfing, Mühldorf, Tüssling, Mauerburg, Garching, Kirchweidach, Tyrlaching, Wiesmühl, Fridolfing, Kirschanschöring.


Carte du sud-est de la Bavière près de la frontière autrichienne

Courrier d'Alexandre Miachon (???)

10 octobre, 22, 29, 5 novembre, 11, 15, 29, 6 décembre, 13, 23, 27, 15 novembre : écrit à mon oncle François, 22 novembre : écrit à mon oncle Joseph, 26 novembre : écrit madame Rajon et à mon copain Garin, 6 décembre : écrit à madame Rozier et M. Guillet. 3 janvier 1915 : écrit à l'oncle François, à M Rajon.
6 janvier : écrit à Garin.
6 jeanvier, 13, 17, 24, 31, 7 février, 14, 21, 28, 7 mars, 14, 21, 28, 11 avril, 18 avril, 25, 9 mai, 16 mai, 23, 30 mai, 6 juin, 13, 20, 27, 4 juillet, 11, 18, 25, 1er août, 8, 15, 22, 29, 5 septembre, 12, 19, 26, 3 octobre, 10, 17, 24, 1er novembre.

Kriegsgefangen


Jours
A 6 heures
Menu à midi
A 5 heures 1/2
Dimanche Café au lait potage, choucroute, viande fromage
Lundi Fromage potage et tripes tripes
Mardi Café au lait potage, pollenta et fromage fromages
Mercredi idem potage, carottes et viande potage
Jeudi idem potage, carottes rouges cacao
Vendredi idem potage, choux, lard charcuterie
Samedi idem potage, riz aux pruneaux

Semaine du 4 au 11 octobre

Mon journal (suite)

Nous sommes arrivés à Laufen vers 4 heures 1/2. Nous sommes descendu du train et nous nous sommes mis par quatre. Ils nous ont conduit dans la prison du village qui se trouve tout à fait à l'entrée. Nous avons attendu un moment dans la cour puis ils nous ont conduit chambre par chambre qui se trouvent au 1er étage.J'ai tombé dans une petite chambre de 8. Arrivé dans cette chambre, nous nous sommes tous assis sur un des lits et tous tristes de se voir enfermés dans une prison. A 6 h. 1/4, la cloche sonne, c'était l'heure de la soupe. Deux hommes de la chambre vont la chercher, c'était une soupe de pommade avec 1/2 boule de pain. Nous mangeons la soupe tristement, sans un mot. Ensuite, une fois les gamelles remportées, ils nous ferme à clef. Nous nous sommes couchés aussitôt.
Description de la chambre.
La chambre est rectangulaire où se trouve 8 lits, un poële et éclairée à l'électricité, l'ampoule est plaçée au milieu du plafond, le parquet
ciré. Comme lit, c'étaient des lits militaires à 3 planches et comme sommier, 3 pierres de taille et comme couverture, un drap. Comme oreiller, un peu de paille taillée en biseau (???)

Dimanche 8 novembre 1914
6 h., le réveil sonne, les gardiens nous ouvrent et nous nous levons et nous allons nous laver au robinet d'eau qui se trouve dans le couloir. Ensuite la cloche sonne à 7 heures, c'est l'heure de la soupe. Deux hommes y vont et nous apportent 1 boule de pain et une sorte de potage rouge non mangeable. Ensuite, ils nous ont donné jusqu'à 9 heures 1/2, suivant ce temps, nous nous sommes
mis aux cartes. A 9 h. 1/2, nous allons à la messe dite par un curé allemand et comme enfants de choeur, 2 prisonniers, c'était la chapelle se trouvant dans le bâtiment. Quelques décorations grossières s'y trouvaient. A 11 heures, nous touchons comme nourriture une gamelle à choucroute avec viande (un petit morceau). A 12 heures 1/4, promenade dans la cour jusqu'à 2 heures. Enfermé de nouveau jusqu'à 5 heures suivi de la soupe, pendant ce temps, j'ai fait deux lettres. A l'heure de la soupe, un homme nous apporte une soupe de riz.

Lundi 9 novembre 1914
Réveil à 6 heures, soupe à 6 h. 1/2, soupe à l'oignon, à 7 heures, on part au travail.

Tag (jour en allemand)
Matin
Midi
Soir
Montag soupe à l'oignon ou cacao fayots cuits à l'eau
Dienstag boules de pain ou choux viande fayots
Mercredi pommes de terre
Jeudi choux, viande
Vendredi boules de pain blé
Samedi pommes de terre
Dimanche choucroute garnie soupe de blé

Vers la première semaine de décembre, ils annoncent la prise de Belgrade

Le vendredi 18 décembre 1914
Les drapeaux allemand et celui de Bavière flottaient, c'étaient encore 150 000 russes faits prisonniers, près de 600 canons et 25 mitrailleuses et les allemands nous disaient que les russes étaient foutus.
Le mardi 8 décembre, nous n'avons pas travaillé à l'occasion de la Renonciation, la journée s'est passée comme le Dimanche.

Aujourd'hui, lundi 21 décembre, il faisait mauvais temps, il pleuvait, nous sommes restés à la prison, là, nous avons défilé des échantillons de draps. Reçu mandat, lettres.

Le jeudi 24 décembre 1914. Ce jour, à l'occasion de la Noël, nous avons quitté le travail à 2 heures. Le soir, vers 4 h. 1/2, j'ai reçu le colis de linge. Nous mangeons la soupe à 5 heures, c'étaient des pommes de terre. Ensuite, nous avons joué à la manille jusqu'à 7 h. 1/2. Vers 8 heures 1/4, nous avons réveillonné, réveillon bien maigre dont voici le menu : entrée : beurre, plat de viande, lard fumé, dessert, formage et confiture, provisions que nous avions fait 2 jours à l'avance. Comme boisson, vin blanc du cru de la Salzach. Une fois fini, nous fumons chacun une ou deux cigarettes et notre camarade Cartal chante le 1er une chanson

Lundi 22 février 1915
Aujourd'hui, le drapeau flottait dans le village de Laufen, c'était, parait-il, une grande victoire du côté des russes, ils avaient fait prisonniers 50.000 russes, pris 150 canons et mitrailleuses.

Jeudi 25 février
Ils ont fait 4.000 prisonniers russes et de nombreux canons.

Vendredi 2 avril 1915
Aujourd'hui, nous n'avons pas travaillé, le soir, nous avons eu à manger, 1 hareng, 3 pommes de terre.

Samedi 3 avril 1915
Nous avons travaillé comme d'habitude, à la sortie de la prison, nous avons remarqué devant la porte de l'église, un feu que je crois a été fini et les Goths, avec des lanternes munies de bougies, prenaient du feu, ensuite ils allaient distribués ce feu dans toutes les maisons catholiques comme feu nouveau.

Mardi 4 mai 1915
Le drapeau flottait au village de Laufen, les autrichiens avaient fait parait-il 50.000 prisonniers russes dans les Carpathes.

Mardi 18 mai 1915
Un nouveau détachement de nos camarades sont venus nous retrouver à 9 heures du soir. Parmi eux, se trouvait un camarade du 99e du même bataillon que moi (Champel). Ce jour, j'ai quitté la petite chambre pour aller dans une chambre de 45.

Mercredi 2 juin 1915
Ce jour à 3 h. 40 du matin, s'est manifesté un tremblement de terre assez fort, à ce moment, j'éyais réveillé et je l'ai très bien ressenti.

Vendredi 4 juin 1915
Ce jour, les drapeaux allemand et bavarois flottaient à Laufen, c'était parait-il la reprise de Przemysl avec 150.000 prisonniers russes.

Dimanche 6 juin 1915
Aujourd'hui, je me suis fait photographier.

Dimanche 13 juin 1915
Ce jour, nous avons changé de lieutenant, beaucoup de changements s'est produit, il fesait plus énergique que le 1er. Des civils ne nous commandent pas comme avant, 5 heures de travail par jour, travail à la tâche, nous quittons le travail à 2 heures.

Mardi 22 juin 1915
Le drapeau flottant dans Laufen, c'était parait-il la reprise de Lemberg en Autriche. Le lendemain, au retour du travail, une pluie torrentielle nous a arrosé, arrivés à la prison, nous étions mouillés comme si nous avions pris une douche.

Jeudi 24 juin 1915
Aujourd'hui, confirmation des jeunes garçons et filles.

Mercredi 21 juillet 1915
Ce jour, la tâche a cessée, le lieutenant était en désaccord avec le Directeur et le capitaine Korster de la prison, les civils ont voulu que nous travaillions 10 heures par jour, commencer le matin à 6 heures pour finir à 5 heures, dont 1 heure de repos à midi et 1/2 heure matin et soir. Pour cloturer cette tâche, trois de nos camarades ont désertés (Couttet, Camoin et Bouly). Avant, une fois la tâche finie, nous allions nous reposer sous les sapins et c'est à ce moment qu'ils sont partis.

Jeudi 22 juillet 1915
C'est aujourd'hui que nous avons commencé la longue journée. Les civils étaient mécontents de notre travail, mon équipe, au lieu de planter 30.000 sapins comme avant, elle en a planté 20.000 et tous les jours, nous avons diminué et nous sommes même arrivés à en planter que la moitié.


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Lundi 26 juin 1915
Nos camarades se sont fait prendre aujourd'hui par deux personnes civils à la sortie d'un bois qui se trouvait près de la frontière autrichienne, ils avaient fait 200 km pour gagner 60 km. Ils sont arrivés à Laufen vers 9 heures du matin, ils ont été placés dans mon ancienne petite chambre.

Mercredi 28 juillet
Le soir vers 5 heures, à notre relève du travail, le lieutenant est venu à notre rencontre pour nous annoncer que nos camarades par suite des ses démarches, ne passeraient pas au Conseil de guerre et qu'ils les avaient punis de 7 jours de cellule.
La cellule est une cabine où il fait à peine jour (2 m. de long, 1,50 m. de large), nourri avec une boule de pain de 200 gr. et de l'eau.
Aujourd'hui est venu le général allemand par suite de la plainte qui lui a été adressée par le lieutenant, seulement, il aurait mieux valu qu'il reste parce qu'il a donné raison au Directeur de la prison qui a le grade de commandant.
A partir de ce jour, les gardiens auront le droit de nous commander seulement habillé en civil, les feux supprimés, nous devons être payés 30 pfennigs par jour.

Jeudi 29 juillet
Les civils, avec le sourire bien entendu, ont exigé que nous travaillons à la tâche. A mon équipe, il fallait faire 35.000 sapins pour être payé. Si nous voulions nous obstinés à ne pas les faire, ils nous puniront.
Le drapeau allemand flottait dans Laufen pour la prise de deux forts près de Varsovie. Il a resté deux jours.

Jeudi 5 août 1915
Ce jour, nos camarades ont sorti de cellule. Le drapeau allemand flottait encore dans Laufen pour la prise, parait-il, de Varsovie.

Lundi 9 août 1915
A la rentrée du travail, nous avons été rassemblé dans la cour de la prison. Le lieutenant a désigné parmi nous qui devait partir pour Dillingen. Je n'ai pas été désigné, presque tout mon détachement part. Ils étaient ravi (???).

Mardi 10 août 1915
Il est arrivé un nouveau détachement.

Mercredi 11 août 1915
Ce jour sont partis mes camarades qui étaient désignés à 9 heures du matin pour Dillingen sur Danube.

Vendredi 20 août 1915
Aujourd'hui, le lieutenant a distribué à chacun 4 marks 32, paye qu'il nous promettait depuis 10 jours.

Mardi 22 août 1915
Aujourd'hui, j'ai touché 3 mark 43.

Jeudi 26 août 1915
Le drapeau flottait pour la prise de Brest-Litovsk en Russie.

Vendredi 27 août 1915
Aujourd'hui a eu lieu la fouille dans les chambres, elle consistait à trouver de l'argent français et des vêtements civils, nous devions pas avoir plus de 8 marks dans sa poche. Ce jour, j'ai acheté un rasoir (2 m. 50)

Lundi 6 septembre 1915
Ce jour à midi, petite manifestation est produite, comme d'habitude, nous avons pour manger des boules de biscuits cuites à l'eau et comme personne ne veut manger ça parce que c'est très mauvais, nous avons refusé d'aller travailler, alors, de ce fait, l'adjudant commande à ses hommes d'agir avec la baïonnette pour nous faire lever. A ce moment, nous sommes allé travailler sans manger. Les trois instiguateurs qui étaient 2 caporaux et un fourrier (Colas) ont été ramenés à la caserne, le lieutenant suite à cette affaire, les a puni de 10 jours de cellule.

Jeudi 2 septembre
Ce jour, j'ai touché 2 m. 55, paie du travail.

Lundi 13 septembre
Il y a eu aujourd'hui une fouille, ils n'ont, comme d'habitude, rien trouvé.

Mercredi 15 septembre
Aujourd'hui, j'ai touché 3 m. 45, paie du travail.

Dimanche 19 septembre 1915
Aujourd'hui, j'ai acheté un cuir à rasoir, 1 m. 10 et un porte-monnaie, 1 m. 55

Mercredi 29 septembre
J'ai reçu 3 m. 60, paie de 2 semaines.

Jeudi 4 octobre
J'ai reçu 3 m. 30 paie

Samedi 30 ocobre 1915
Aujourd'hui, j'ai touché 4 m. 80 pour 16 jours de travail.

Samedi 5 novembre 1915
Le drapeau flottait pour la prise de Nich en Serbie

Lundi 15 novembre 1915
Aujourd'hui, la neige a fait son apparition ainsi que le froid

Mardi 16 novembre 1915
Nous avons changé d'interprète (Muller)

Dimanche 21 novembre 1915
Aujourd'hui, j'ai touché 3 m. 45

Dimanche 5 décembre 1915
Aujourd'hui, j'ai touché 3 m. 45, 1/2 journée malade.

Mercredi 8 décembre 1915
Ce jour nous avons déménagé 30 pour aller dans une maison de prévention ; ce sont de petites cellules à une ou deux fenêtres, plutôt lucarnes. Dans ma cellule, nous sommes 9, il y a des lits comme auparavant.

Dimanche 19 décembre
Aujourd'hui, j'ai touché 3 m. 60, 2 journées d'absence pour les dents. Le 26, payé 3 m. pour les dents.

Dimanche 2 janvier 1916
Ce jour, j'ai touché 3 m. 30

Lundi 10 janvier 1916
Le drapeau flottait pour l'évacuation de Galipoli

Samedi 15 janvier 1916
Le drapeau flottait pour la prise de Cettigne (Monténégro)

 

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Mercredi 26 janvier 1916
Aujourd'hui, j'ai touché 3 m. 60.

Samedi 5 février 1916
Aujourd'hui, jai touché 4 m. 20.
Le lendemain, le caporal est en permission.

Mardi 15 février 1916
Le caporal a été réformé définitivement, il reprit ses fonctions civiles comme garde-forestier.

Samedi 26 février 1916
Aujourd'hui, le drapeau flottait pour la prise d'un fort de Verdun.

Vendredi 3 mars 1916
Aujourd'hui, j'ai reçu 4 m. 65.

Vendredi 10 mars 1916
Aujourd'hui, le drapeau flottait à Laufen pour la prise d'un second fort à Verdun. Ce jour, sont parti 4 sentinelles sur le front dont un nommé Schmit et Mathias.

Mercredi 29 mars 1916
Aujourd'hui, j'ai reçu 4 m. 90, un jour malade, le 6 mars.

Jeudi 30 mars 1916
Aujourd'hui, j'ai reçu 0 m. 60

Vendredi 31 mars 1916
Aujourd'hui, j'ai reçu 0 m. 15

Carte postale de Laufen / Salzbach (à noter, 4 soldats à gauche , Laufen
étant un poste frontière

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