Carnet de guerre et de captivité

d'Alexandre Miachon

La captivité en Bavière
Oberbuch (1916 à 1918)

"Le proprio où je suis déclare tout de même l'Allemagne anéantie et ont l'idée que la Bavière deviendra française. " 27 août 1916

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Il semble que l'on peut différencier la captivité de Laufen et celle d'Oberbuch. Après avril 1916, Alexandre Miachon tient un carnet de salaires.

Samedi 1er avril 1916
A 9 h. 1/2, j'ai quitté Laufen avec mes camarades (70) pour aller travailler chez les paysans. Mon groupe composé de 11 hommes dirigé par la sentinelle Karl Cremb, devait aller à Tyrlaching à 30 km de Laufen. Après 3/4 d'heure de chemin de fer, nous sommes arrivés à Tyrlaching, nous étions tous chargé de paquets. Après 3 km. de marche, nous sommes arrivés au village. C'était environ 11 h. 1/4. Nous avons déchargé nos bagages, ensuite nous sommes aller manger au restaurant. Nous avons été servi de boulette qui consistent en du pain broyé avec un peu de viande, 2 saucisses chacun avec un tout petit morceau de pain. Les paysans mangeaient à la table à côté avec la sentinelle. Ensuite, la répartition s'est faite, cinq devaient aller dans un autre village, 3 rester à Tyrlaching et 3 venir à Oberbuch dont je fait partie avec Berthelon et Petit. Après manger, nous nous sommes dirigés à Oberbuch avec des paysans en conduidant une petite voiture ou se trouvaient nos bagages. Après 1/4 d'heure de chemin, nous sommes arrivés à destination. Là, nous sommes logés dans une petite baraque au premier, en bas se trouve un locataire. Une fois tout installé, nous avons discuté tous les trois comment on allait se disposer. Il y a 3 petites pièces, un poële assez pratique où nous pouvons faire chauffer ce que nous voudrons. 6 heures arrivés, le paysan nous a apporté à manger, une soupe de pâtes et café au lait, du pain. Ensuite, il nous fait comprendre que demain, nous étions séparés tous les trois. Un allait travailler vers lui qui est Berthelon et Petit et moi, aux alentours. Là-dessus, nous avons été désorienté, surtout moi seul, ne sachant rien dans la culture. La nuit arrive, nous sommes allés nous coucher sur nos paillasses.

Dimanche 2 avril 1916
Nous avons passé notre dimanche assez bien. Aux heures des repas, nous avons été servi à manger. L'après-midi, nous sommes aller à Tyrlaching avec le paysan ou nous avons revu les camarades. Là, nous avons causé un peu et nous sommes retournés vers cinq heures à la baraque.

Lundi 3 avril 1916
Nous nous sommes tous les trois levés à 5 h. 1/2. A six heures, chacun des paysans sont venu nous chercher. C'est moi qui suis parti le dernier, c'était un militaire en permission de huit jours. Après 1/2 heure de marche, je suis arrivé à la maison. Là, ils m'ont servi le café au lait et m'ont fait faire comprendre que je suis bien. Toute la journée, m'a été désorienté. Seul au milieu d'eux, comme travail, j'ai remué la fosse à purin le matin et le soir, je l'ai transvasé dans des voitures exprès au moyen d'une pompe. L'habitude du pays est de manger tous dans le même plat chacun avec son cueiller prend de son côté. Les premiers jours, j'en ai été dégoûté, après, je me suis habitué. Le repas de midi se compose d'une espèce de choucroute avec boulettes au petit morceau de viande, du bouillon et ensuite du ??? Le soir, il est servi de la choucroute, une sorte de gateau qu'on trempe dans du beurre fondu, du rouller.
Le soir, je suis retourné coucher avec mes camarades, mais dorénavant, je couche à la maison. J'ai une petite chambre assez confortable, un lit assez bon.

Mardi 4 avril 1916
Le lendemain, je suis allé rateler de la paille avec la bonne. La nourriture est pareille de la veille. A chaque repas, avant et après, ils font tous leurs prières.

Vendredi 21 avril 1916
Aujourd'hui, pas de travail, juste nettoyer l'écurie et tirer de l'eau.



Dimanche 23 avril 1916
Ce jour, je suis allé à la messe pour la première fois à Oberbuch pour visiter l'église. A 11 heures, j'ai mangé avec les paysans, d'après eux, il y avait un bon dîner. Habituellement, on se réunissait Berthelon, Petit et moi pour manger ensemble le Dimanche. Comme menu, il y avait des boulettes de pain avec choucroute, boulettes de viande et viande hachée. Des boulettes de pain que l'on trempait dans le jus avec quelques pommes de terre et bière. Le menu de ce soir était le même qu'à midi. La viande était viande de porc.

Lundi et mardi, nous n'avons pas travaillé.

Jeudi 1er mai 1916
ce jour, pas de travail.

Mercredi 3 mai 1916
Pas de travail.

Lundi 19 juin 1916
Ce jour, au soir, j'ai changé de paysan pour aller travailler avec Petit.

Dimanche 27 août 1916
Ce jour, la Roumanie déclare la guerre à l'Autriche et à l'Italie, la déclare à l'Allemagne. Dans la semaine, déclaration de guerre de l'Allemagne, de la Bulgarie, de la Turquie à la Roumanie. Le proprio où je suis déclare tout de même l'Allemagne anéantie et ont l'idée que la Bavière deviendra française.

Jeudi 31 août 1916
Ce jour, le proprio est mort et il a été enterré le samedi ou nous avons eu la matinée.

Vendredi 8 septembre 1916
Aujourd'hui, pas de travail

Dimanche 17 septembre 1916
Acheté montre 18 m., boîtier, 0, 50, bracelet (???), 0,30
Grande victoire en Roumanie, 110.000 russes et roumains noyés dans le Danube ou fait prisonniers.

Lundi 6 octobre 1916
La journée, pas de travail, vogue du patelin (???).

Samedi 18 octobre 1916
Aujourd'hui, pas de travail, jour de fête.

Lundi 7 novembre 1916
Pas de travail, acheté tablier.

Jeudi 30 novembre 1916
Pas de travail.

Vendredi 8 décembre 1916
Pas de travail.

Les 25, 26, 27, 28 décembre 1916
Pas de travail.

Le 6 septembre 1917
Faire transformer ma capote en veste : 8 m.

Le 21 octobre 1917
Changement de sentinelle.

Le 8 novembre 1917
Changé de propriétaire, retourné à l'ancienne place ou j'étais au début.

(fin du carnet)


Etat des salaires en mark

Samedi 8 avril 1916 1,80
Samedi 15 avril 1916 1,80
Samedi 22 avril 1916 1,80
Samedi 29 avril 1916 1,50
Samedi 6 mai 1916 1,80
Dimanche 14 mai 1916 2,10
Dimanche 21 mai 1916 2,10
Dimanche 28 mai 1916 1,80
Dimanche 4 juin 1916 1,50
Dimanche 11 juin 1916 1,80
Dimanche 18 juin 1916 1,50
Dimanche 25 juin 1916 3,60
Dimanche 2 juillet 1916 4,50
Dimanche 9 juillet 1916 3,20
Dimanche 16 juillet 1916 2,80
Dimanche 23 juillet 1916 2,80
Dimanche 30 juillet 1916 2,80
Dimanche 6 août 1916 2,80
Dimanche 13 août 1916 2,80
Dimanche 20 août 1916 3,10
Dimanche 27 août 1916 2,10
Dimanche 3 septembre 1916 3,10
Dimanche 10 septembre 1916 2,10
Dimanche 17 septembre 1916 4,10
Dimanche 24 septembre 1916 1,80
Dimanche 1er octobre 1916 1,80
Dimanche 8 octobre 1916 1,80
Dimanche 15 octobre 1916 2,80
Dimanche 22 octobre 1916 1,80
Dimanche 29 octobre 1916 2,80
Dimanche 5 novembre 1916 1,80
Dimanche 12 novembre 1916 2,80
Dimanche 19 novembre 1916 1,80
Dimanche 26 novembre 1916 1,80
Dimanche 3 décembre 1916 1,80
Dimanche 10 décembre 1916 2,00
Dimanche 17 décembre 1916 1,80
Dimanche 24 décembre 1916 1,80
Dimanche 31 décembre 1916 1,50
Dimanche 7 janvier 1917 1,80
Dimanche 14 janvier 1917 1,80
Dimanche 21 janvier 1917 1,20
Dimanche 28 janvier 1917 1,80
Dimanche 4 février 1917 1,80
Dimanche 11 février 1917 1,80
Dimanche 18 février 1917 1,80
Dimanche 25 février 1917 1,80
Dimanche 4 mars 1917 1,80
Dimanche 11 mars 1917 1,80
Dimanche 18 mars 1917 1,80
Dimanche 25 mars 1917 1,80
Dimanche 1er avril 1917 1,80
Dimanche 8 avril 1917 1,80
Dimanche 15 avril 1917 3,10
Dimanche 22 avril 1917 1,80
Dimanche 29 avril 1917 1,80
Dimanche 6 mai 1917 1,80
Dimanche 13 mai 1917 1,80
Dimanche 20 mai 1917 2,80
Dimanche 27 mai 1917 3,10
Dimanche 3 juin 1917 3,80
Dimanche 10 juin 1917 3,80
Dimanche 17 juin 1917 3,80
Dimanche 24 juin 1917 3,80
Dimanche 1er juillet 1917 3,80
Dimanche 8 juillet 1917 3,80
Dimanche 15 juillet 1917 3,80
Dimanche 22 juillet 1917 3,80
Dimanche 29 juillet 1917 4,30
Dimanche 5 août 1917 3,80
Dimanche 12 août 1917 3,80
Dimanche 19 août 1917 3,80
Dimanche 26 août 1917 3,80
Dimanche 2 septembre 1917 3,80
Dimanche 9 septembre 1917 3,80
Dimanche 16 septembre 1917 3,80
Dimanche 23 septembre 1917 4,30
Dimanche 30 septembre 1917 4,80
Dimanche 7 octobre 1917 3,80
Dumanche 14 octobre 1917 3,80
Dimanche 21 octobre 1917 3,80
Dimanche 28 octobre 1917 3,80
Dimanche 4 novembre 1917 3,80
Dimanche 11 novembre 1917 3,80
Dimanche 18 novembre 1917 4,30
Dimanche 25 novembre 1917 3,80
Dimanche 2 décembre 1917 4,10
Dimanche 9 décembre 1917 4,10
Dimanche 16 décembre 1917 5,10
Dimanche 23 décembre 1917 5,10
Dimanche 30 décembre 1917 4,10
Dimanche 6 janvier 1918 4,10
Dimanche 13 janvier 1918 4,10
Dimanche 20 janvier 1918 4,10
Dimanche 27 janvier 1918 4,10
Dimanche 3 février 1918 4,60
Dimanche 10 février 1918 4,10
Dimanche 17 février 1918 4,10
Dimanche 24 février 1918 4,10
Dimanche 3 mars 1918 4,10
Dimanche 10 mars 1918 5,10
Dimanche 17 mars 1918 4,10
Dimanche 24 mars 1918 4,10
Dimanche 31 mars 1918 4,10
Dimanche 7 avril 1918 4,10
Dimanche 14 avril 1918 4,10
Dimanche 21 avril 1918 4,10
Dimanche 28 avril 1918 4,10
Dimanche 5 mai 1918 4,10
Dimanche 12 mai 1918 4,10
Dimanche 19 mai 1918 4,10
Dimanche 26 mai 1918 4,10
Dimanche 2 juin 1918 4,10
Dimanche 9 juin 1918 4,10
Dimanche 16 juin 1918 6,10
Dimanche 23 juin 1918 5,10
Dimanche 30 juin 1918 5,10
Dimanche 28 juillet 1918 13,40
Dimanche 11 août 1918 10,20

La dernière lettre
Vienne (Isère) le 24 août 1918

Mon cher Miachon

C'est avec plaisir que j'ai reçu votre carte du onze juillet dernier et avec un plus grand plaisir que j'ai appris que vous seriez enfin bientôt de retour de votre si long exil.
Qu'êtes vous devenu pendant ce long temps où je n'ai pas reçu de vos nouvelles, j'espère que votre santé est bonne, ainsi que le moral, évidemment, vous aurez grand besoin de soins et de réconfort, mais vous êtes jeune et vous avez devant vous l'avenir...
J'ai vu votre mère il y a quelques jours, elle m'a paru très heureuse de votre prochain retour probable.
J'ai également vu votre frère qui est à Vienne en permission.
Mad. GUILLET va bien et elle me prie de vous transmettre son meilleur souvenir.
Quand à moi, ce n'est pas parfait , j'ai eu une bronchite avec congestion au mois de Décembre dernier, je ne me suis pas soigné à temps, et lorsque je me suis vu obligé de rester au lit, c'était trop tard, et encore ma présence indispensable à l'étude m'a obligée à me lever trop tôt, de sorte que je ne suis pas encore remis complétement (...)
Enfin, j'espère bien néanmoins avec la chaleur aidant à me rétablir complétement...
A bientôt mon cher Miachon espérons le.
Une bonne et amicale poignée de main.

Après la guerre, avec la classe 1913

Ci-contre, Alexandre MIACHON









MERCI A
JEAN MIACHON
ET A
JEAN-CLAUDE FINAND




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